durant les 15 derniers jours du mois de Ramadan de l’année de sa venue au monde, c’est Dieyylani qui annonçait le début ou la fin de la journée de jeûne, en acceptant ou en refusant de téter.

 

D’aucuns l’appellent Djily. Mais en réalité, il se nomme Cheikh Abou Muhammad Abd Al Qadir Ghélani. Mais le nom le plus familier du fondateur de la confrérie Khadriya est Cheikh Abdul Khadre Dieyylani. Ce saint homme, descendant du Sceau de prophètes, Seydina Muhammad (Saws), de par ses deux ascendants a vu le jour le 15e jour du mois de Ramadan de l’an 470 de l’hégire, soit 1077 de l’ère chrétienne. Donc le 15è jour du mois de Ramadan marque son 928è anniversaire. Son lieu de naissance est la province du Ghelan Dahabi, située dans le district de Niff, en Perse (actuelle République islamique d’Iran), où ses grands parents s’étaient retirés après l’expédition de Kerballah (Irak), durant laquelle est tombé Seydina Hussein Ibn Aliyi Aby Taleb, cousin et gendre du Prophète Muhammad (Saws) et Fatimata Zahra Bint Rassoul, via Seydina Hassan. Ce qui justifie l’appartenance de Djily à la communauté des Quraich. Ses père et mère s’appelaient Abou Salih Djenghi Dost et Fatimata Bint Abdallah Sawmi, plus connue sous le nom de Oumoul Khaïr (la meilleure des mères).

 

D’après le Dr Cheikh A. L. Ben A. Salam, qui a consacré une thèse de doctorat au saint-homme : « Cheikh Abd Al Qadir Ghelani a jeûné dès sa naissance. Car il n’acceptait le sein qu’au coucher du soleil et refusait de téter dès que l’aube pointait ». De sorte que les habitants de Ghelan Dahabi, province où le soleil était rarement visible, du fait de l’opacité née des nuages, se basaient sur lui pour débuter ou rompre le jeûne.

 

Très tôt hanté par la soif de connaissances, il se rendit à Bagdad (Irak), à l’époque centre de rayonnement islamique caractérisé par un enseignement dispensé par les meilleurs professeurs de ce temps. Aussi, Bagdad était une zone d’influence des plus éminents soufis. En conséquence, Djily ne pouvait être que séduit par cette localité. Successivement il fréquenta les écoles de Ghazali Mouhamed, Abu Wefa, Aly Ben Akkil, Zakaria Yahya Al Tabriz, Abou Mouhamed Jafar, Ahmed Al Dabass, etc. Ses bonnes dispositions en Droit ont suscité la jalousie de ses condisciples qu’il gênait véritablement. D’où les supplices qu’il a subis, surtout au cours de son séjour à l’école d’Al Dabass. Pourtant ce maître avait dit aux autres disciples, dès qu’il s’est rendu compte des qualités exceptionnelles d’Abd Al Qadir Ghelani : « aucun de vous ne pouvait rivaliser avec lui, ni même lui être comparé du point de vue de la force et de la fermeté, dans l’accomplissement des devoirs et la pratique des vertus ».

 

En effet, des témoignages concordants attestent que le cheikh le dut à son attachement à une pratique qui épouse parfaitement l’orthodoxie religieuse et, surtout, à sa foi en son Seigneur, Allahou Soub’hanahou Wa Tah’ Allah. Car sa doctrine a pour soubassement, à l’image de tous les soufis, le renoncement à tous les plaisirs égoïstes d’ici-bas.

 

De la “ Khirkha ”

 

à la confrérie Khadriya

 

Parallèlement, il cultivait les vertus du travail, sachant que nul ne devait vivre aux dépens des autres. C’est la raison pour laquelle, il prit l’initiative, avec des condisciples, de se rendre au village de Baakouba, situé à des dizaines de kilomètres de Bagdad, afin d’aider les populations dans les travaux champêtres et gagner quelque chose en conséquence pour subvenir à leurs besoins.

 

La consécration arriva plus tard, lorsque le maître soufi, Abou Saad Moubarak Al Mouharimi, lui décerna la “ Khirkha ” tant convoitée. C’est un vêtement mystique qui se transmet par une simple poignée de main, depuis l’époque du Prophète Muhammad (Saws), qui élevait ainsi ses élus qui avaient fait preuve de qualités exceptionnelles. Il en fut ainsi pour ses compagnons dont Seydina Aliyi Ben Aby Taleb, son cousin et gendre, qui le transmit à son fils Hassan, ancêtre de Djily. Il s’agit-là d’une élévation qui plaça Cheikh Abd Al Qadir au-dessus de tous ses contemporains.

 

Tellement il était bon théologien et incitait tout le monde à être fidèle aux règles et pratiques cultuelles de l’Islam. En conséquence, il parvint à argumenter solidement, pour faire accepter le soufisme par beaucoup d’érudits qui n’ont, jusque-là, voulu rien savoir de ce concept. Cette ascension fulgurante a pris une ampleur telle que l’ordre de la “ Khirkha ” que lui avait transmise le maître Abou Saad Al Moubarack Al Mouharami prit la voie de ce qu’allait devenir : la “ Khadriya ”, que l’on dit être la plus vieille des confréries. Cheikh Djily la développa et la fructifia si bien qu’elle atteignit tous les coins et recoins du monde, y compris le Sénégal, brassant des millions et des millions d’adeptes.

 

La “ Ijaaza ” (autorisation)

 

de Cheikh Ousmane Diagne

 

Aujourd’hui, la famille de Cheikh Abd Qadir Ghelani basée à Bagdad entretient avec les Khadres du Sénégal des relations privilégiées, grâce à l’entregent de Cheikh Ousmane Diagne, président supranational du Conseil supérieur khadriya en Afrique. M. Diagne a, en effet, été élevé au rang de Moukhaddam (chevalier de la foi) par le khalife du Cheikh Djily, Cheikh Sayyid Abdul Rahmane Zahir D-dine Abdullah Al kilim. Sur le document qui fait office de “ Ijaaza ” qu’il lui a remis à cet effet, il est mentionné : “ J’ai donné à mon fils spirituel, Cheikh Ousmane Diagne, l’autorisation (Ijaza) et je l’ai désigné pour le guidage de la Tariqa Al Qadiriyya dans le cadre du Livre Saint et de la Sounah, pour le crédit et la confiance dont il bénéficie de ma part ”. Cheikh Ousmane, qui a souvent séjourné à Bagdad, a réussi la prouesse de se voir offrir la pièce d’étoffe qui couvrait la tombe du fondateur de la Khadriya. Pièce qu’il avait, à son tour, offerte au défunt khalife de Khadimou Rassoul, Serigne Abdou Khadre Mbacké, et qui couvre actuellement sa propre tombe. C’était quelques jours avant le rappel à Dieu du khalife.

 

Mieux, l’Imam-Ratib de Bagdad, petit-fils de Ghelani, vient de séjourner à Dakar et Touba, où il a été l’hôte du Conseil supérieur khadriya et de Serigne Salihou Mbacké Khadimou Rassoul qui lui a réservé un accueil exceptionnel.

AL HADJ KHALY TALL