Au nom d’Allah, le clément, le miséricordieux

« Gloire à Celui qui a caché le mystère de l’élection divine sous l’extérieur de la nature humaine. Que le salut d’Allah soit sur le prophète Muhammad, sa famille et ses compagnons

Qu’Allah soit satisfait du sceau des élus Seydina Ahmad Tidjani »

Mame Khalifa Niass notre maitre n’aimait point laisser paraitre ses prodiges et s’évertuait à les dissimuler du mieux qu’il put ne laissant apparaître que ce qui ne pouvait choquer le commun. Il en fut toujours ainsi pour tous les Awliya car montrer ses dons et prodiges est assimilé dans leur milieu comme à une femme en état de menstrues qui laisserait paraitre ses lochies au vu et au su de tout le monde. Ainsi ils l’ont de tout temps dédaigné. La tradition islamique fait bien le distinguo entre la notion de Miracle « Mu’jiza » qui peut seulement être accompli par les Prophètes le plus souvent lors d’un défi à leur encontre, de celle de Prodige « Karama » acte qualifié de surnaturel et qui peut être accompli par des personnes ayant un haut rang spirituel en dehors d’une quelconque mission prophétique.

Mais n’empêche un « Prodige » particulier a subsisté dans la personnalité de notre maitre Mame Khalifa Niass et s’est montré à maintes reprises, c’est celle de sa Salive.

La salive est ce liquide biologique sécrété par les glandes salivaires, à l’intérieur de la bouche qui a pour principale rôle d’humidifier les muqueuses et préparer les aliments pour leur digestion, elle possède également un rôle antiseptique et protège l’œsophage. Comment en est-il arrivé à être le réservoir à prodiges de Mame Khalifa Niass ?

Pour trouver une réponse à notre question, il nous a fallu remonter à l’histoire de la fameuse rencontre entre Mouhamad Niass alors nouveau né, fils du Pôle El Hadji Abdallah Niass et de Sohna Amina Thiam, avec le Prophète Mouhamad (saw) lui-même fils d’Abdallah et d’Amina. A la base, cette rencontre aurait pu être prise à la légère s’il ne s’agissait que d’une tradition orale mais non, il a été bien mentionné par Mame Khalifa Niass dans la préface de son Diwan : « Khâtimat al-durar ‘ala uqud al-jawhar fi madh seydil bashar » : (La dernière perle du collier précieux en éloge au maitre des humains). Un jour alors qu’il était encore enfant, la nostalgie de cette rencontre dont il devrait ignorer les faits exactes, l’a transporté et l’a fait griffonner sur la planchette de bois qui lui servait à apprendre ses leçons, un de ces premiers odes : « صافحته بيميني ثم حدثني وضمني ضمّة صحّت بها عللي » « safakhtouhou bi yaminii souma hadassani wa damani damatane sakhaate bihal ilalli… ». Son père El Hadji Abdallah étonné, n’en revenait pas à la fois de la beauté de cette ode mais aussi de la nostalgie évoquée d’un évènement dont le jeune Mouhamad ne devrait pas se souvenir pourtant. Son père l’appela dès lors pour lui faire part de ce qui s’est réellement passé durant ce fameux jour de Ramadan 1298 de l’hégire. Ce jour que son père considère comme le jour qui a vu le comblement de son plus grand attrait, celui de la Vision du Prophète (saw) à l’état veille ; et la vision du Prophète (saw) dans cet état fait l’objet d’un consensus de savants purs et d’écoles différentes.

Mouhamad Niass plus tard évoquera ce que son père lui a raconté à son ami Ahmed ibn Dahah qui lui-même relate : le Khalife Mouhamad fils d’Abdallâh fils de Mouhamad m’a raconté : « Je me suis pris d’une vive affection pour le Prophète Mouhamad. Ma mère s’appelle aussi Aminata comme celle de l’Apôtre. Quand j’avais sept jours mon père avait vu le Prophète à l’état de veille : celui-ci, dit-il en me désignant, est mon fils je lui ai donné ton nom. Passe-le moi, lui dit le Prophète, il me tendit à l’Apôtre qui me prit, qui me mit sur ses genoux, me serra la main, me mit contre lui un bon moment, introduisit sa langue bénite dans ma bouche et me rendit à mon père. »

Notre attention est attiré ici par le fait que le Prophète d’Allah a fait une série de geste qui ne sont pas tout à fait anodin, il a d’abord serré la main de son homonyme, l’a mis lui contre lui sur sa poitrine et a introduit sa langue bénite dans sa bouche, et sa salive bénite s’est mélangé à celle de Mame Khalifa Niass au point de ne faire plus qu’un.

Nos esprits assez cartésiens ont souvent tendance à nier tout phénomène non explicable par les lois scientifiques mais dans ce contexte la science est venue apporter un souffle nouveau à notre recherche, car la Salive, composée d’eau à 99%, ainsi que de protéines, d’électrolytes et de sels minéraux permet d’obtenir l’Adn à partir d’un seul prélèvement donc l’Adn du Prophète (saw) qui je précise est unique en son genre a pénétré et s’est mélangé avec l’Adn du jeune Mouhamad Niass pour à jamais y laisser des marques indélébiles.

La Salive du Prophète Mouhamad (saw) possède nombres de vertus « Miraculeuses » comme mentionné dans de nombreux hadiths authentiques ; le fait qu’Allah a mis une bénédiction dans la salive du Prophète (saw) est également un signe de la Prophétie. Parmi l’honneur donné au Prophète (saw), il y a le fait que sa salive bénite pouvait guérir, donner de la force, de la Baraka, du Savoir, et même nourrir. Nous allons nous borner à citer quelques hadiths à titre d’exemples pour mieux illustrer nos propos et démontrer par la suite ce que la salive du Prophète (saw) opérera dans toute la personnalité de Mame Khalifa Niass :

Asma rapporte qu’elle conçut ‘Abdoullah bin az-Zoubair. Elle ajouta : « J’émigrai à Médine alors que ma grossesse tirait à sa fin. En chemin, je m’arrêtai à Qouba, où je donnai naissance à mon fils. Puis je l’amenai au Prophète et je le mis sur ses genoux. Le Prophète demanda qu’on lui apporte une datte, la mâcha et mit un peu de son jus dans la bouche de l’enfant. Ainsi, la première chose qui entra dans l’estomac du nourrisson fut la salive du Messager d’Allah. Ensuite, ce dernier frotta le palais du bébé avec une datte et invoqua la bénédiction d’Allah sur lui. Il s’agissait du premier enfant né parmi les émigrants de Médine. (Boukhari)

Boukhari rapporte d’Abu Musa : « Le Prophète (sallAllahou ’alyhi wa salam) se fit apporter un gobelet d’eau, se lava les mains et lui fit face, cracha dedans, puis dit à Abu Musa et à Bilal : « Buvez-en et versez le reste sur vos figures et vos poitrines. »

Ibn Abou Chiba rapporte qu’une femme de Khath’am a amené auprès du Prophète qu’Allah répande sur lui la grâce et la paix un enfant qui souffrait d’un problème mental et était muet. Le Messager qu’Allah répande sur lui la grâce et la paix fit apporter de l’eau qu’il utilisa pour se rincer la bouche et laver ses mains. Il tendit ensuite l’eau à la femme et lui ordonna d’en faire boire au garçon et essuyer le corps. L’enfant guérit et devint parmi les plus sages des hommes.

Abou Ya’la rapporte Oubeyda Aboul harith (qu’Allah l’agrée) a dit : « L’œil d’Abou Dhar fut atteint le jour d’Ouhoud. Le Prophète (sallAllahou ’alyhi wa salam) cracha dessus et son œil devint plus sain encore »

Boukhari a rapporté dans son Sahih d’après Al-Bara’ qu’il a dit : « Le Prophète (sallAllahou ’alyhi wa salam) s’était assis sur le bord du puits, il a demandé de l’eau, il s’en est rincé la bouche puis a rejeté cette eau de sa bouche dans le puits », ceci pour laisser dans sa Communauté de l’eau bénie par les traces du Prophète (sallAllahou ’alyhi wa salam) ».

Les épisodes sont nombreux dans la tradition du Prophète où des miracles du à sa salive sont rapporté, n’est ce pas là la source de légitimation de dons immenses que Mame Khalifa Niass a reçu à partir de ce premier contact ? Oui, car la salive était le réservoir à Miracle du Prophète transposé sur celle de Mame Khalifa, elle devient ainsi son réservoir à Prodiges.

Parmi les prodiges ou fait prodigieux qui ont été directement ressentit par Mame Khalifa Niass figure ce témoignage, il affirme : « c’est à partir de ce jour que dans mon cœur s’est dissipé, doutes, angoisses, craintes lorsque ce que sa langue m’a touché et mon égo s’est désintégré. Au contact de sa poitrine, j’ai dès lors ressentit que tous les rouages de la langue arabe m’étaient désormais familiers. ». Loin de s’arrêter là cette rencontre regorge en effet de faits et gestes qui ont fait tout au long de l’histoire, la personnalité mythique de Mame Khalifa Niass, tout ce que le Prophète (saw) faisait avec sa salive, Mame Khalifa Niass en a hérité et cela est né de son étreinte avec lui. Pour comprendre mon propos il convient de passer à la loupe cette ode, « safakhtouhou bi yaminii souma hadassani wa damani damatane sakhaate bihal ilalli… » : « Je l’ai salué par ma main droite puis il me parla et me serra affectueusement jusqu’à dissiper tous mes maux ».

Saftuhu (صافحته) vient de Safaha (صافح) qui veut dire serrer la main, ne serait que cela aurait été suffisant avec tout ce que les oulémas ont rapporté sur la main du Prophète (saw), puis Damani (ضمني), le fait qu’il ait collé sa poitrine bénite à celle du jeune Mouhamed Niass, cette poitrine du Prophète (saw) d’où regorge la science, les lumières et la nitescence de l’âme ce fait légitime la science rayonnante dont a hérité Mame Khalifa Niass, la pureté de son cœur et l’excellence de son caractère que tout un chacun pouvait confirmer ; et enfin, quant à la langue du Prophète (saw) introduit dans sa bouche pour que leurs salives se mélangent, Mame Khalifa a tiré bénéfice de cela, d’abord par sa « Voix » merveilleuse très douce à l’ouïe, les différentes narrations concernant la description du Prophète (saw) comme celle de Seydina Ali rapporte que c’était un homme ayant la parole charmante. Il parlait doucement mais tout le monde pouvait entendre. Les témoignages à notre disposition rapportent aussi que la voix de Mame Khalifa Niass était pareil tellement plaisante que même lorsqu’il n’y avait pas de haut-parleur durant les Gamou, l’on pouvait entendre sa voix de loin. Non seulement il avait la voix, mais aussi il a hérité de la Langue Coranique du Messager d’Allah « Loughal Quran » tant bien que le chercheur a fait mention que sa poésie renvoyait ode par ode à des références coraniques. De sorte que l’ensemble du Coran se retrouve dans le contenu de ses écrits. Un Coran caché ? Ou un condensé des secrets du Coran ? Et cela est nettement perceptible dans ses écrits pour tous lecteur attentionné.

Il est, il faut le reconnaitre, peu évident pour un homme noir de son temps qui n’a jamais séjourné dans aucun pays arabophone, à une époque ou même les ouvrages étaient difficile d’accès, d’arriver à produire tous les chefs d’œuvres qu’on lui connait. Et ses dont en poésie qui ne relève pas non plus d’un quelconque apprentissage car son premier ode date de ses 7 ans alors qu’il venait de commencer à apprendre le Coran. Prodigieux n’est-ce pas d’écrire des ouvrages de hautes fracture dans une époque il n’y avait pas d’électricité, feuille et encre étant disponible difficilement pour noter, encore moins la facilité de consulter l’internet comme de nos jours, écrire de œuvres qui jusqu’à présent émerveillent ceux qui disposent de tous ces moyens sans pouvoir faire pareil. Que dire de son éloquence al fassaha, très frappante à lecture de ses ouvrages à tel point que les Professeurs Amar Samb, Cheikh Tidiane Gaye et Mouhamad Diama Ka comparent ses poèmes à ceux de Kaab et Hassan ibn Thabit.

Enfin, un des aspects qu’il tient le plus de la salive du Prophète (saw), est l’exaucement de ses prières Al Ijaba dua’. Mame Khalifa Niass disait : « Allah swt m’a gratifié de faire partie des gens parmi lesquels il exauce toujours les prières », ainsi c’était un secret de polichinelle que de dire que ces prières étaient toujours exaucées selon le bon vouloir de l’Exauceur exalté. Durant nombre de de ses voyages dans le pays, les gens lui demandaient de prier par exemple pour que leur eau soit potable, il lui suffisait de cracher dans le puits, ou se rincer la bouche puis rejeter cette eau de sa bouche dans le puits pour que l’eau devienne des plus agréables et le Prophète (saw) avait fait de même comme attesté par de nombreux hadiths de chaines reconnus.

Tout au long de mes pérégrinations sur les pas de Mame Khalifa Niass j’ai eu à écouter par moi-même bon nombres de témoignages de gens attestant des prodiges que la salive de notre maitre à opérer. Nous allons de ce fait en relater quelques-uns parmi les témoins oculaires :

Al Mourchid Ahmed Iyane Thiam nous a raconté lors d’un entretien : « j’ai grandi chez Khalifa El Hadji Mouhamad depuis mes 11 ans, j’étais celui qui l’accompagnait alors qu’il était à un âge avancé à la mosquée tôt pour la prière du Soubh et celle de Isha’a à la nuit tombé, il posait sa main bénite sur mon épaule et je le conduisais ainsi tous les jours. Une nuit alors qu’il était sur le point de se coucher, l’eau qu’il avait l’habitude de boire « ndox mu nééx » venait à manquer, par souci qu’il ne manqua d’eau durant la nuit, je pris un seau et me faufila dans la nuit sombre sans craindre un quelconque danger vers un puits qui se trouvait alors à quelques kilomètres de Leona, j’y arrivai sans encombres, trouvai quelqu’un dont je n’ai vu que la silhouette qui remplit le seau pour moi et me voilà sur le chemin du retour, j’arrivais juste au moment où sa porte allait être fermé, je le trouvai chez son épouse Sohna Awa Cheikh Ndiogou, je frappai et l’entendit dire, ça doit être Thierno Thiam, ouvrez, ainsi j’entrais, ne te décharge pas encore m’ordonna-t-il pour que je puisse boire au-dessus de ta tête, je m’exécutai ; après avoir bu et m’avoir fait boire du reste de son eau, Mame Khalifa Niass pria pour moi en ces termes : « j’invoque Allah (swt) pour que telle cette eau douce et délectable, que ta voix soit fait pareil au-dessus de tous tes contemporains, qu’Allah te gratifie de l’éloquence. » et aujourd’hui lorsque les gens se délectent de ma voix et que ma parole est accueilli avec douceur dans les oreilles et les cœurs, je repense à la prière exaucée de Khalifa El Hadji Mouhamad Niass à mon encontre et rends grâce à Allah swt de m’avoir permis de vivre aux côtés d’un de ces plus grand élus ».

Un autre exemple fut ma rencontre avec le Wali, Waka Sow, j’avais longtemps entendu parler d’un homme qui lui aussi sans grande apprentissage arrivait à écrire des poèmes sur le Prophète (saw) et j’ai eu l’honneur de le rencontrer lors du Mawlid Naby de 2011 dans la cité de Leona Niassene. Il me confia qu’il eut l’ouverture spirituelle al Fath simplement du fait d’avoir partagé le repas de Mame Khalifa Niass : « je devais avoir 18 ans à l’époque et j’étudiais dans le Daara, j’étais envoyé pour une commission et j’arrivai à l’heure du repas chez Baye Khalifa, il ne mangeait jamais seul et m’invita à partager son repas, ce que je fis avec plaisir, plongeant ma main dans le même plat que lui, après le repas il pria pour moi et des éclats de sa salive me touchèrent ; je retourna sur mes pas, à peine arrivé que je ressentit comme un déluge, un ravissement dans tout mon âme, je n’ai pas terminé mes études au Daara quand je l’ai quitté j’apprenais encore le Coran, aujourd’hui j’écris des poèmes en hommage au Prophète (saw) ainsi qu’à Mame Khalifa Niass sans pour autant connaitre les règles de la versification, j’ai eu don de la vision et les prières que je formule sont très souvent exaucés tout cela est la grâce d’Allah par l’intermédiaire de son grand élu Khalifa El Hadji Mouhamad Niass. »

Et le troisième et dernier exemple que je m’en vais narrer est celle du patriarche Gora Diop du Village de Ndiaye Alla : « le Khalife actuelle de notre village, Mor Diop avait été envoyé auprès de Mame Khalifa Niass par Serigne Aliou Diop pour lui faire parvenir son Adiya. Il y arriva au terme d’un voyage à pied et en train. Il séjournera deux jours à Leona Niassene, au 2ème jour de son séjour, il fut terrassé par de terribles maux de ventre insoutenables tellement la douleur était intense qu’on l’amena d’urgence chez Mame Khalifa Niass, on le trouva chez lui au moment où il mâchait du cola comme à ses habitudes, dès qu’on lui présenta le malade, Mame Khalifa sorti la cola de sa bouche encore imbibé de sa salive, on le fit avaler à Mor Diop, qui guérit de facto direct comme par miracle, un fait absolument prodigieux et jusqu’à ce jour il n’a jamais ressenti par la suite de maux de ventre et il vit toujours. »

La cola qu’il mâchait jusqu’à ce que sa salive se mélangea avec soignait à l’image de la salive du Prophète (saw) ; les témoignages sont nombreux des cas comme celui raconté par Gora Diop ; Seyda Salma Niass la fille de notre maitre m’a personnellement raconté que maintes fois elle a trouvé et avalé les restes de cola déjà mâché par son père qui les laissait sur la peau de mouton sur laquelle il s’asseyait, jusqu’à présent me dit elle : « je ressens encore le gout parfumé de sa salive ».

Ce thème de la Salive de Mame Khalifa Niass est pour nous l’occasion de lever un coin du voile sur les prodiges d’un rapproché dans l’intimité par excellence d’Allah (swt) qui n’avait point le gout du paraitre et s’évertuait autant qu’il pouvait à cacher tout cela. Mais surtout c’est pour nous l’opportunité d’apprécier encore un énième Miracle du Prophète Mouhamad (saw), qui est venu ici confirmer encore une fois qu’en Allah, le cercle des possibilités n’est pas régi par les seules lois de la matière, mais bien aussi par la pureté du cœur et de la foi, autant son père El Hadji Abdallah se sera évertué toute sa vie durant à purifier son être et à augmenter sans cesse sa foi jusqu’à ce qu’Allah le gratifia de la vision.

La dimension éminemment haute de la personnalité de Khalifa El Hadji Mouhamad Niass, son savoir et son comportement qui tous deux sortent de l’ordinaire ont pour principale origine cette rencontre, que dis-je, cette étreinte qu’il a eu avec le Messager d’Allah (saw), tout ce qui lui arrivera ensuite sera inéluctablement lié à la fusion de son Adn avec celle de la nur al-muhammadi « reflet de Dieu et récapitulation cosmique de la création ». Il en résultera des dons immenses, dont l’extinction de son « moi », tout son être ne sera désormais que compassion pour les êtres qui l’entourent. Mame Khalifa Niass est devenu pour le restant de sa vie une sorte de Miroir de la Miséricorde et de la Compassion Divine ; Allah y a donc reflété Sa Lumière dû au fait d’avoir ingurgité la salive de Seydina Mouhamad (saw) ; ensuite il a été mis contre sa poitrine ce qui s’est révélé être la source de son inspiration et la connaissance par le cœur du savoir spéculatif et discursif que personne ne peut nier, il suffit de lire ses ouvrages.

Cependant malgré ses hauts faits, malgré ce prodige plus qu’apparent, toute sa vie durant Khalifa El Hadji Mouhamad Niass se sera évertué à enseigner et à diffuser la sobriété autour de lui pour ses disciples et sa famille car si les Miracles et Prodiges comportent une haute dimension qui échappe à la raison, ils doivent surtout inviter l’homme à laisser progressivement éclore en lui un horizon illimité de signes affermissant sa foi.

« Nous leur montrerons Nos signes dans l’univers et en eux-mêmes,

Jusqu’à ce qu’il leur devienne évident que cela est la Vérité.

Ne suffit-il pas que ton Seigneur soit témoin de toute-chose ? »

Sourate « Fussilat » ( » Les versets détaillés »), verset 53.

Al Faqir Filah, Khadimu Khalifa Haj Muhamad Niass

Idrissa DIOUM

Cercle d’études autour de la vie et L’œuvre de

Khalifa Mouhamad Niass