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Islam

MAZHABOUL MALIKIYA LE COMPORTEMENT


Introduction 

Allah dit dans le Coran: 
"En effet, vous avez dans le Messager d'Allah un excellent modèle (à suivre), pour quiconque espère en Allah et au Jour dernier et invoque Allah de façon abondante." Sourate 33, verset 21. 

Le Prophète (paix et salut sur lui) dit: "J'ai été envoyé pour parfaire la noblesse du comportement" Hadîth:rapporté par Al-bukhârî dans « Al-adab Al-mufrad » (273) et Ahmad Ibn Hanbal dans le Musnad (2/381). 

Abdullah Ibn'Amr Ibn Al-'âs a dit: « Le Messager d'Allah n'était ni grossier et ne proférait jamais des propos immoraux. Et il disait : « les meilleurs d'entre vous sont ceux qui jouissent d'un bon caractère » » 
Rapporté par Al-Bukhârî et Muslim,extrait de l'ouvrage Riyâd As-sâlihîn (jardin des vertueux) de l'Imâm An-nawawî,Chapitre du bon caractère 

Selon Jâbir (qu’Allah l’agrée), le Messager de Dieu (paix et salut sur lui) a dit : « Ceux d'entre vous que j'aime le plus et qui seront assis le plus près de moi le jour de la résurrection sont ceux d'entre vous qui jouissent de la meilleure moralité (bon comportement) et qui sont les plus affables. Ceux d'entre vous que je déteste le plus et qui seront assis le plus loin de moi le jour de la résurrection sont les bavards, les hâbleurs et les grandiloquents ». Les compagnons dirent : « Nous savons qui sont les bavards et les hâbleurs, mais que veut dire « grandiloquents » ? Il dit : « Les orgueilleux et les fanfarons ». 
Rapporté par At-tirmidhi. 

Le Messager de Dieu (paix et salut sur lui) a dit : « Rien n'est plus lourd dans la balance d'un croyant le jour de la résurrection d'un bon caractère. Dieu déteste l'homme grossier qui prononce des paroles obscènes » 
Rapporté par At-Tirmidhî,extrait de l'ouvrage Riyâd As-sâlihîn (jardin des vertueux) de l'Imâm An-nawawî,Chapitre du bon caractère. 

Abû Hurayra a dit : On a demandé au Messager de Dieu(paix et salut sur lui):De ce qui faisait entrer le plus les gens au Paradis? Il dit : « la crainte de Dieu et la bonne moralité ». Et on lui a demandé de ce qui faisait entrer le plus les gens en Enfer ?. Il répondit : « La bouche (les conséquences néfastes de la parole :médisances,calomnies...) et le sexe » 
Rapporté par At-Tirmidhî (Hadîth Hasan Sahîh).,extrait de l'ouvrage Riyâd As-sâlihîn (jardin des vertueux) de l'Imâm An-nawawî,Chapitre du bon caractère 



Les actes cultuels pratiqués par le musulman doivent l'amener à avoir le plus beau comportement et les valeurs les plus nobles. 

L'école de la prière (As-salât) doit lui apprendre l'humilité, la sincérité, la bonne intention, le bon jugement, la sagesse... 
L'école du Jeûne doit lui apprendre la patience, la compassion, l'amour du prochain, la miséricorde, l'indulgence... 
L'école de la Zakât doit lui apprendre le partage, la générosité, l'entraide, l'altruisme... 
L'école du Hadj doit lui apprendre l'endurance, la solidarité, la pureté de l'intention, l'indulgence, le respect... 

Ainsi, on voit que le culte du musulman n'est pas des formes mortes ou une "gymnastique" sans esprit. 

La pureté de l'intention (Ikhlâs) pour Allah doit venir en amont de tout acte pour lui donner la vie et le sens. 

Nous présentons dans ce chapitre ce que doit être le comportement du musulman, inspiré du comportement du bien aimé Prophète (paix et salut sur lui) et ses compagnons. 


Pratiques Muhammadiennes 

1. Son beau comportement avec sa famille et son entourage 

Dieu dit à propos de Son Messager (paix et salut sur lui) : « C’est par un effet de la grâce de Dieu (miséricorde) que tu te montras doux à leur égard. Si tu étais un rustre au cœur dur, ils se seraient dispersés loin de toi. 
Pardonne-leur donc, prie pour leur absolution et consulte-les dans toute décision. »[1] 

Muslim rapporte dans son recueil authentique que Aïsha (que Dieu l’agrée) rapporte que le Prophète (paix et salut sur lui) n’avait jamais de son vivant frappé par sa main quoi que ce soit ni femme, ni domestique, sauf dans la guerre sainte pour Allah, et si quelqu’un lui fait du mal ou du tord il ne se vengeait jamais, sauf si l’une des limites sacrées de Dieu était transgressée auquel cas il se venge pour Allah ». 


Il était très doux, souriant et le plus pudique des créatures... 
Il jouait avec ses petits fils Hassan et Husayn, les embrassait, il avait même fait avec son épouse ‘Aïsha (que Dieu l’agrée) une course à pied qu'elle avait gagné. Plus tard, ayant pris du poids, elle perdit, ce qui fit dire au Prophète (paix et salut sur lui) : "Nous sommes à égalité à présent".[2] 

Il disait (paix et salut sur lui): « le meilleur de ma communauté est celui qui est bon (prend le grand soin) avec sa famille et j’ai le meilleur comportement envers ma famille »[3].... 

‘Ali a dit : « Quand le prophète (paix et salut sur lui) se trouvait chez lui, il répartissait son temps en trois parties : une part pour son Seigneur, une part pour sa famille et une part pour lui-même. Ensuite, il divisait sa propre part, entre lui-même et ses rapports avec les gens… [Jusqu’à ce qu’il dit :] Le prophète (paix et salut sur lui) a dit : « transmettez moi les besoins de celui qui ne peut pas le transmettre. Car celui qui transmet aux dépositaires du pouvoir les besoins de celui qui ne peut pas les transmettre, Dieu le soutiendra au jour de la Résurrection » »[4] 
‘Aïsha, Al-Hasan et Abû Sa‘îd rapportent, avec quelques variantes dans leur description, que dans sa maison, il était au service des siens :il triait et raccommodait ses vêtements, trayait sa chèvre, arrangeait ses souliers, se chargeait de ses affaires personnelles, aidait à nettoyer la maison, attachait le chameau et lui donnait du fourrage, mangeait avec les serviteurs, préparait la pâte avec eux et faisait les courses.[5] 

Le prophète Muhammad (paix et salut sur lui) souriait toujours en parlant[6]. 
Il ne tournait jamais le dos à son interlocuteur...Et quand quelqu'un le saluait (par la main), il n'était jamais le premier à enlever sa main....Quand on le côtoie on ne peut jamais se séparer de lui, tellement on l'aime.... 

Le prophète (paix et salut sur lui) répondait au salut et à l’invitation, prenait soin de ses voisins, recevait généreusement son hôte, visitait les malades même les plus éloignés dans Médine, il acceptait l’excuse de celui qui en présentait et il donnait sans compter. 

Il plaisantait avec ses compagnons (mais ne disait jamais que la vérité)[7], se mêlait à eux et leur parlait, cajolait leurs enfants et les faisait asseoir sur ses genoux. 

‘Aïsha rapporte, dans les recueils de Hadîths authentiques : 
« Le Prophète (paix et salut sur lui) n’était ni pervers, ni grossier, ni criard dans les marchés. Il ne répondait pas au mal par le mal, mais il pardonnait et ne tenait pas rigueur » (c’est-à-dire : n’était pas rancunier) 

Anas (que Dieu l’agrée) a rapporté : « J’ai été au service du Prophète (que Dieu lui accorde Sa Grâce et Sa Paix) dix ans, jamais il ne m’a dit : « Ouf », ou « Pourquoi tu as fait cela », ou « Pourquoi tu ne l’as pas fait ?».[8] 

Anas disait aussi : « Jamais l’Envoyé de Dieu (paix et salut sur lui) n’a éloigné son oreille de quelqu’un qui lui parlait, tant que celui-ci n’éloignait pas sa tête. Jamais il n’a retiré sa main de celle de l’homme qui la lui tenait, tant que celui-ci ne la retirait pas en premier ; et on ne l’a jamais vu allonger ses jambes devant un homme assis en face de lui ou au milieu de ses Compagnons pour ne gêner personne. Il commençait le premier par saluer celui qu’il croisait et tendait le premier sa main pour saluer ses Compagnons… »[9] 

On rapporte aussi que le Prophète- paix et bénédictions sur lui - avait un voisin qui avait l’habitude de jeter des ordures sur son chemin. Mais lorsque le Prophète -paix et bénédictions sur lui - apprit que ce voisin était malade, il alla lui rendre visite. 

Le Prophète- paix et bénédictions sur lui - aidait les plus faibles : 
Sahl Ibn Hunayf rapporte que le Prophète (paix et salut sur lui) « venait aux plus faibles des musulmans et les visitait, il visitait leurs malades et assistait à leurs funérailles »[10] 

Un jour, une vielle femme avait du mal à porter son sac, le prophète avance et prend pour elle son sac jusqu’à chez elle, pour le remercier la vielle femme lui dit : « je suis pauvre, je ne peux pas te récompenser par autre chose que la prière : « puisse les dieux te protéger de la magie de Muhammad » et notre bien aimé prophète répliqua en souriant : « je suis Muhammad ! ». 

2. Sa générosité 

Il était le plus généreux des êtres et il donnait sans compter. 

Ibn 'Abbâs a dit : "Le Prophète d'Allah était le plus généreux des hommes, et particulièrement au mois de Ramadân, lorsque le rencontrait l'Ange Gabriel avec la révélation et lui enseignait le Coran. Sa générosité était ininterrompue comme le souffle continu du vent bénéfique " [11] 

Anas rapporte : « le prophète (paix et salut sur lui), était miséricordieux et quiconque vient à lui, il lui promet et réalise sa promesse, et s’il possède quoi que ce soit il lui donne »[12]. 

D'après Jaber ben 'AbdAllah : "L'Envoyé d'Allah n'a jamais répondu par non à une demande" . 

Un homme vint lui demander l'aumône : 
- "Je n'ai rien avec moi, lui répondit-il, mais va acheter à crédit à mon nom et s'il nous vient quelque chose, nous le rembourserons". 

Lorsque le Messager d’Allah recevait quelque bien, il ne trouvait de répit qu’après l’avoir offert à autrui. Umm Salamah, la femme du Prophète, rapporta qu’un jour, le Messager rentra à la maison, l’air inquiet. Elle lui demanda ce qui n’allait pas. Il répondit que les sept dinars qu’il avait reçus la veille étaient restés sur son lit jusqu’au soir sans avoir été distribués. Son cœur ne s’apaisa que lorsque la somme fut distribuée. 

3. Sa magnanimité 

Un jour un bédouin le tira brutalement par son habit, en lui laissant des traces au cou et lui dit : "Charge mes deux chameaux que voici, du bien d'Allah que tu as. Tu n'auras pas chargé alors de ton bien ou du bien de ton père !"… 
Il fut magnanime à son égard et lui répondit uniquement : "Le bien est le bien d'Allah et je suis son adorateur. Et il peut être demandé réparation, ô bédouin, de ce que tu m'as fait". 
"Non, (il n'en sera rien)" dit l'homme". 
"Pourquoi", reprit le Prophète. 
"Parce que tu ne rends pas le mal par le mal" répondit-il ! 
Le Prophète rie et ordonna de lui charger un chameau d'orge et l'autre de dattes. 

Zeyd ben Sa'na, un savant juif de Médine vint au Prophète exiger sa créance. Il lui tira l'habit de son épaule, le prit au col brutalement et lui dit avec dureté : 
"Vous, les Beni 'Abdul-Muttalib, vous atermoyez (tumâtilûn) vos dettes !" 'Omar alors, le réprimanda et durcit le ton. Le Prophète sourit et lui dit : "Moi et lui, nous avions plus besoin d'autre chose de ta part, ô 'Omar : que tu me recommandes de bien régler ma dette, et que tu lui recommandes de réclamer son dû de bonne façon". Puis il ajouta : "Il reste (en fait) au terme (de la dette) trois (jours)". Et il ordonna à 'Omar de le payer et de lui donner en plus vingt mesures " çâ' ", pour l'avoir effrayé. 
Ce fut la cause de l'entrée à l'islam de cet homme qui disait : "Il ne manquait aucun signe parmi les signes de la prophétie de Muhammad, que je ne reconnus, sauf deux : sa magnanimité prime sa colère et le surplus d'emportement aveugle ne fait qu'ajouter à sa magnanimité. Ainsi, je l'éprouvai avec cette histoire "de dette"". Et je le trouvai alors, tel que décrit (dans les anciens livres). Quand à ma dette donnez la aux pauvres parmi les musulmans . (Rapporté par Ibn Hibbân (1/521)) 


4.Son pardon et sa miséricorde 

Le prophète était la miséricorde envoyée pour les univers: "Et Nous ne t'avons envoyé que comme une miséricorde pour les mondes"[13] 

Abû Hurayra rapporte que le prophète (paix et salut sur lui) a dit : «J’ai été envoyé comme miséricorde et non pas comme châtiment (peine) »[14] 

‘Aïsha rapporte, dans les recueils de Hadîths authentiques : 
«… Le Prophète (paix et salut sur lui) ne répondait pas au mal par le mal, mais il pardonnait et ne tenait pas rigueur » (c’est-à-dire : n’était pas rancunier). 

‘Aïsha (que Dieu l’agrée) rapporte: « Chaque fois qu'on a laissé au Messager de Dieu (paix et salut sur lui) le choix entre deux solutions, il en prenait toujours la plus aisée tant qu'il ne s'agissait pas d'un péché. Quand c'était un péché il en était le plus éloigné. Le Messager de Dieu (paix et salut sur lui) ne s'est jamais vengé pour lui-même sauf quand l'une des limites sacrées de Dieu était transgressé et, dans ce cas, il se vengeait pour Dieu l'exalté »[15] 

Le prophète ne se mettait jamais en colère(sauf pour Dieu) si les gens lui faisaient du tord, il pardonnait : 

Le prophète (Prière et bénédiction d'Allah sur lui) séjourna pendant dix jours parmi les gens de Tâif . Au cours de cette période, son appel n'épargna aucun des notables de la localité. Ceux-ci lui répondirent: «Sors de notre pays!». Ils incitèrent contre lui les sots et les stupides. Au moment où le prophète (Prière et bénédiction d'Allah sur lui) allait sortir, les sots et les esclaves le suivirent, l'injuriant et lui criant dessus au point d'ameuter les gens autour de lui. Organisés en deux rangs, ils se mirent tous à lui jeter des pierres et à lui adresser des grossièretés. Ils lui jetèrent des pierres aux tendons au point que ses chaussures fussent teintées de sang. 
Il s’arrêta, à un endroit, les pieds en sang, pour prier Dieu (l’invoquer)…Dieu lui envoya l’ange Gabriel avec l’ange des montagnes. Ce dernier lui dit : « ô Muhammad ! Je ferai ce que tu désires. Si tu veux, je peux replier sur eux les « Al-Akhchabayn » (deux montagnes situées près de la Mecque). » 
Le prophète de la miséricorde et du pardon répondit : « je n’ai pas été envoyé comme malédiction (injure) (la’ânan) mais comme miséricorde (pour les univers). Je souhaite plutôt que Dieu fasse sortir de leurs reins une progéniture qui adorera Dieu, l’Unique, sans rien Lui associer. O mon Dieu ! Guide ma tribu (mon peuple) car ils ne savent pas » 
Et Gabriel (paix sur lui) dit alors suite à cela : « Dieu a raison de t’appeler le miséricordieux, plein de compassion. » 
(voir :“Kitâb Badaa Al-khalq” Hadîth 1365 : dans Le sommaire du Sahîh al-Bukhârî de l’imam Zayn ad-Dîn Ahmad Ibn ‘Abd al-Latîf az-Zubaydî, tome II; page 558.) 

Un jour un dénommé Tammâm venait à la Mecque pour tuer le prophète, ‘Umar Ibn Al-Khattâb (que Dieu l’agrée) le remarqua et aussitôt le fit prisonnier en l’attachant à un pilier de la mosquée du Prophète. 
Il partit chercher le Prophète. Le Prophète (paix et salut sur lui) ordonna de suite qu’on le détache et dit à ‘Ali (que dieu l’agrée) : « va chercher du lait et de la bonne nourriture pour notre hôte » … 
Il prit soin de l’homme qui voulait le tuer, puis avant de le laisser partir, il lui dit : « veux tu attester que Dieu est unique et que je suis son messager ? », l’homme répondit : « non ! » et le prophète le laissa partir. Quelque temps après l’homme revint vers le Prophète en disant : « j’atteste que Dieu est unique et que tu es Son Messager », on lui dit pourquoi ce changement d’état et il répond : « je ne voulais pas qu’on dise que j’ai embrassé l’Islam par peur du Prophète (ou de l’épée) ! » 

« Un jour, alors que le prophète était assis avec ses compagnons dans la mosquée, un bédouin rentra et se mit à uriner quelque part, au sein de cette mosquée; quelques gens se précipitèrent alors sur lui pour l'empêcher (dans une autre version : Les fidèles l'appréhendèrent à l'envi), mais le Prophète (Que la paix et le salut soient sur lui) s'écria: "Laissez-le faire, ne l'interrompez pas, versez ensuite un sceau d'eau --- ou une jatte d'eau --- sur cette urine. Vous n'avez d'autre mission que de rendre toute chose facile et non de rendre les choses pénibles." 
Quand l'homme eût fini d'uriner, le Prophète donna l'ordre d'apporter une jatte d'eau et la répandit lui-même sur l'endroit souillé. 
Dans une autre version : le prophète (Que la paix et salut soient sur lui), le convoqua et lui dit : Les urines et autres souillures n'en conviennent guère aux mosquées, celles-ci sont plutôt faites pour l'invocation d'Allah, les prières et la récitation du Coran. 
Puis il se retourna à ses compagnons et leur dit : "Allah ne vous a suscités que pour faciliter les obligations et ne vous a jamais suscités pour les rendre difficiles» le Prophète ordonna par la suite un seau d'eau et le versa sur l'endroit souillé. 
Le bédouin, pris de stupeur de l’attitude du prophète (sur lui la paix), sa miséricorde et sa tolérance, dit alors : « Ô Allah, soit miséricordieux envers moi et Muhammad et éloigne les autres de ta miséricorde ! » Le prophète (sur lui la paix et le salut) réplique en souriant : Tu restreint là, quelque chose des plus vastes (la miséricorde d'Allah) ! »[16] 

Le jour où il revint à la Mecque victorieux, il s’adressa aux polythéistes de Quraysh qui l’ont tellement malmené et l’ont fait souffrir et qui avaient torturé et tué ses compagnons auparavant (dont son oncle bien aimé Hamza qui fut même mutilé : Hind lui avait retiré son foie) : en disant : « que pensez vous que je vais faire de vous… »… et il continua : « Vous êtes libres… » (Ce geste de pardon a marqué l’époque et a transformé les cœurs malades en des cœurs plein d’amour pour le Prophète paix et salut sur lui). 

5. Son amour et sa compassion pour sa communauté 

Dieu dit à ce propos : « Voilà qu’il vous est venu un Messager de votre propre race. Il lui coûte de vous voir peiner. Il veille jalousement à votre sauvegarde et est plein de compassion et de miséricorde pour les croyants »[17] 

Le prophète dit : « chaque prophète avait un vœu exaucé qui fut exaucé de son vivant, et j’ai épargné mon vœu pour intercéder en faveur de ma communauté au jour du jugement … »[18] 
Quand il se prosternait il priait : « ma communauté, ma communauté : o le Pardonneur » 

Le prophète (Prière et bénédiction d'Allah sur lui) séjourna pendant dix jours parmi les gens de Tâif . Au cours de cette période, son appel n'épargna aucun des notables de la localité. Ceux-ci lui répondirent: «Sors de notre pays!». Ils incitèrent contre lui les sots et les stupides. Au moment où le prophète (Prière et bénédiction d'Allah sur lui) allait sortir, les sots et les esclaves le suivirent, l'injuriant et lui criant dessus au point d'ameuter les gens autour de lui. Organisés en deux rangs, ils se mirent tous à lui jeter des pierres et à lui adresser des grossièretés. Ils lui jetèrent des pierres aux tendons au point que ses chaussures fussent teintées de sang. 
Il s’arrêta, à un endroit, les pieds en sang, pour prier Dieu (l’invoquer)…Dieu lui envoya l’ange Gabriel avec l’ange des montagnes. Ce dernier lui dit : « ô Muhammad ! Je ferai ce que tu désires. Si tu veux, je peux replier sur eux les « Al-Akhchabayn » (deux montagnes situées près de la Mecque). » 
Le prophète de la miséricorde et du pardon répondit : « je n’ai pas été envoyé comme malédiction (injure) (la’ânan) mais comme miséricorde (pour les univers). Je souhaite plutôt que Dieu fasse sortir de leurs reins une progéniture qui adorera Dieu, l’Unique, sans rien Lui associer. O mon Dieu ! Guide ma tribu (mon peuple) car ils ne savent pas » 
Et Gabriel (paix sur lui) dit alors suite à cela : « Dieu a raison de t’appeler le miséricordieux, plein de compassion. » 
(voir :“Kitâb Badaa Al-khalq” Hadîth 1365 : dans Le sommaire du Sahîh al-Bukhârî de l’imam Zayn ad-Dîn Ahmad Ibn ‘Abd al-Latîf az-Zubaydî, tome II; page 558.) 

6.Son humilité 

Le prophète fut invité par l’ange pour avoir en plus de sa station chez Allah les richesses de ce monde (un prophète roi comme Salomon) il choisit la servitude et dit : je ne mange pas un jour pour que je Te prie et je mange à ma faim un jour et je Te remercie…. [19] 
Selon la tradition rapporté par At-tirmithî : il fut proposé au Prophète de transformer pour lui la Bathâ et la Mekke en or. Il répondit : « Je préfère être rassasié un jour, et avoir faim le lendemain ; quand je mange, j’adresse à Dieu mes remerciements ; quand j’ai faim, je l’implore ». 

Dans une autre version : le Prophète (paix et salut sur lui ) dit : « un ange vint me voir et me dit : « choisi si tu veux être un prophète roi ou un prophète serviteur (‘abd) ? » Gabriel me fit signe d’être humble pour Dieu et je répondis : « j’aimerai être un prophète serviteur » et Allah me récompensa (me remercia) pour cela en faisant de moi le premier être pour qui la terre s’ouvrira (c'est la tombe de Sidna Muhammad – sur lui la paix et le salut– qui s'ouvrira la première) (tanshaqqu ‘anhu al-ard) et le premier intercesseur (shâfi’) » 

Il veillait les nuits jusqu’à ce que ses pieds s’infectent(s'abîment), son épouse ‘Aïsha le voyant dans ces états lui dit un jour: « tu fais tout cela alors que Dieu t’a pardonné tout et a élevé ta station… » Il répondit : « Ne doit je pas être alors un serviteur reconnaissant » 

‘Aïsha, Al-Hasan et Abû Sa‘îd rapportent, avec quelques variantes dans leur description, que dans sa maison, il était au service des siens : il triait et raccommodait ses vêtements, trayait sa chèvre, arrangeait ses souliers, se chargeait de ses affaires personnelles, aidait à nettoyer la maison, attachait le chameau et lui donnait du fourrage, mangeait avec les serviteurs, préparait la pâte avec eux et faisait les courses.[20] 

Un jour, un homme vint le rencontrer, mais dès qu’il le vit, il se mit à trembler de tous ses membres, le prophète (paix et salut sur lui) lui dit alors d’un ton humble et rassurant : «Calme-toi, je ne suis point un roi, je ne suis que l’enfant d’une femme de Quraysh qui mangeait de la viande sèche»[21]. 

[1] Sourate 3, verset : 159. 

[2] D'après une Tradition rapportée par Al-Bukhârî. 

[3] Dans un autre Hadîth rapporté dans le Musnad de l’Imam Ahmad (Hadîth n° : 7095) : Abu Hurayra rapporte : le prophète (paix et salut sur lui) a dit : « le croyant qui a la foi la plus parfaite est celui qui a le meilleur comportement, et les meilleurs d’entre vous sont ceux qui ont le meilleur comportement à l’égard de leurs épouses » 

[4] Rapporté par At-tirmithî dans « Ash-shamâil » (176), et Ibn ‘asâkir (1/331). 

[5] Ash-shifâ chapitre II. 

[6] Rapporté par l’Imam Ahmad selon Abu Ad-dardâ, rapporté aussi par Al-hindî dans « Kanzu Al-a‘mâl » : (1/1840). 

[7] Rapporté entre autre par Al-bayhaqî dans « dalâil An-nubuwwa » (1/331). 

[8] Hadîth 2029 (p 854) le livre de l’autorisation pour entrer chez autrui dans LE SOMMAIRE DU SAHIH AL-BUKHÂRÎ par L’imam Zein Ed-Dine Ahmed ibn Abdul-Latif A-Zoubaidi. 

[9] Ash-shifâ chapitre II. 

[10] Rapporté par Al-hâkim dans le « Mustadrak » (2/466). 

[11] Rapporté par al-Bukhârî(1/5 ;3/33 ;4/137) et Muslim(kitâb al-fadâil/48 ;50).Voir aussi : Fath al-bârî (10/455). 

[12] Rapporté par Al-bukhârî dans le « Adab », Ahmad Ibn Hanbal (5/53) et At-tabarânî dans le « Kabîr » (19/288). 

[13] Coran Sourate : 21, verset : 107. 

[14] Rapporté par Al-Bukhârî dans son « Târîkh » et Ad-dâramî (2/173). 

[15] Al-Bukhârî Chapitre 72, 638. 

[16] Voir : Al-Bukhârî : Livre des ablutions, CHAPITRE LVIII. --- Du fait de verser de l'eau sur l'urine dans la mosquée---et Muslim dans le livre de la Purification, Hadîth : 427. 

[17] Sourate l’Immunité (At-tawba), 9, verset 128. 

[18] Al-Bukhârî, Hadîth 2069 (p 867) le livre des invocations « le sommaire du sahih al-bukhârî » par L’Imam Zein Ed-Dine Ahmed ibn Abdul-Latif A-Zoubaidi (Tome II). 

[19] Rapporté par Ibn ‘Asâkir selon ‘Aïsha et Ibn ‘Abbâs, et rapporté par l’Imam Ahmad, Abû Dâwûd et At-tirmithî selon Abû Hurayra selon le Prophète (paix et salut sur lui). 

[20] Ash-shifâ chapitre II. 

[21] Ash-shifâ chapitre II. 

Enseignements Muhammadiens 

Le Prophète était illettré et orphelin, c’est Allah le Très Haut Lui même qui s’est occupé de son enseignement et de son éducation. 

Dieu dit à propos de notre modèle Muhammadien : « Tu Jouis vraiment d’une très grande moralité »[1]. 

‘Aïsha mère des croyants disait : il était un Coran qui marchait sur terre[2] (ce qui signifie qu’il jouissait des caractères et des qualités les plus nobles). 

Le prophète (paix et salut sur lui) dit : « J’ai été envoyé pour parfaire la noblesse du comportement »[3]. 



La vie est sacrée en Islam : 

L’islam considère la vie comme sacrée et interdit toute atteinte à cette vie : 
Le Coran annonce : « ...Que quiconque tuerait une personne- à moins qu'en échange d'une autre ou à cause d'un désordre commis- rien d'autre, alors: c'est comme s'il avait tué tous les gens ensemble. Et quiconque lui fait don de la vie, c'est comme s'il faisait don de la vie à tous les gens ensemble » Coran: Sourate 5, verset : 32. 

L’Islam considère le corps comme un dépôt de Dieu dont on doit prendre soin et ne pas se faire du mal ni faire du mal à autrui. Au contraire il s’agit d’utiliser nos dons et capacités que Dieu nous octroyé dans le bien et l’utile pour nous et pour autrui pour ce monde et pour l’autre : 
Le Coran annonce : « Ne vous jetez pas dans la destruction (dans l’abîme) et faites le bien car Allah aime les bienfaisants ».Sourate 2, Verset : 195. 

Le mot Mûmin en arabe (traduit généralement par croyant ou par celui qui a la foi) dérive du mot Amn qui veut dire sécurité et paix. 
Et le mot Muslim (musulman) dérive de Istislâm et de Salâm qui veulent dire : Soumission (au Créateur), et Paix (avec soi-même et vis-à-vis des créatures). 

قال صلى الله عليه وسلم في حجة الوداع، فيما يرويه فضالة بن عبيد رضي الله عنه قال: 
(ألا أخبركم بالمؤمن: من أمنه الناس على أموالهم وأنفسهم) 
أخرجه أحمد بإسنادٍ صحيح 

Fudâla Ibn ‘Ubayd (que Dieu l’agrée) rapporte que le Prophète (paix et salut sur lui) a dit lors de son prêche du pèlerinage d’adieu : 
« Est-ce que je vous informe sur (le véritable) croyant ? Il s’agit de celui dont les gens en sont en sécurité vis-à-vis de leur bien et d’eux même (le vrai croyant ne peut porter atteinte aux autres ni à leur biens)» 
Rapporté par l’Imâm Ahmed par une chaîne authentique. 

Le prophète dit aussi: « Un Musulman est celui dont les Musulmans sont à l'abri (du mal) de sa langue et de sa main, et un Muhâjir (Emigrant pour la Cause d'Allah) est celui qui abandonne ce que Dieu a interdit » Rapporté par Muslim en citant Jâbir. 

L’Islam fut à l’origine de « la première charte des droits de l’Homme et du respect de la nature ». 

L’islam s’est intéressé aussi à la nature, aux animaux et aux plantes et a ordonné d’en prendre soin et de ne pas détruire ce patrimoine précieux de l’humanité qui fait partie des bienfaits de Dieu sur les hommes: 
La morale islamique ne règle pas seulement les conduites des hommes les uns avec les autres, elle s’intéresse aussi aux animaux et à la nature, avec ses éléments matériels et ses végétaux. 
Ainsi, pour le Coran, la terre de Dieu (où l’humain est établit par Dieu comme son vicaire, Khalîfa, selon le terme coranique) cette terre est faite pour être cultivée et non pas pour être détruite ; les mers, ciel et terres sont mis au service de l’homme pour ses besoins de navigation, de transport de marchandise, d‘approvisionnement en «nourriture délicieuse licite»… ; ils ne doivent en aucun cas servir de terrains pour la destruction et les choses nuisibles. 
Même en cas de guerre le Prophète interdit aux musulmans d’abattre des arbres (non morts), (sauf pour des besoins alimentaires) (au même titre qu’il avait interdit de tuer les femmes, les enfants, les vieillards et les hommes de religion qui ne doivent nullement être inquiété ainsi que leur lieux de culte, et de ne pas détruire les constructions : cela fait partie de la charte de la guerre en Islam). 
لا تغدروا ولا تغلوا ولا تقتلوا وليداً ولا امرأة ولا كبيراً فانيا ولا منعزلا بصومعة ولا تقربوا نخلا ولا تقطعوا شجرا ولا تهدموا بناء 

Le Prophète a incité les musulmans à planter et leur promet le grand mérite pour cela : 
« Chaque musulman qui plante une plante [arbre ou autre], alors tout ce qui en sera mangé sera compté pour ce musulman comme acte de charité. Tout ce qui en sera volé sera compté pour lui comme acte de charité. Tout ce qu'un animal en mangera sera compté pour lui comme acte de charité. Tout ce qu'un oiseau en mangera sera compté pour lui comme acte de charité. Ce qui en sera pris (diminué) par quiconque sera compté pour lui comme acte de charité. " Rapporté par Muslim Kitâb al-musâqât bâbu fadli al-ghars wa az-zar’ (1552) 

Il dit aussi : « Si la fin du monde venait à survenir alors que l'un d'entre vous tenait dans sa main une plante, alors s'il peut la planter avant la fin du monde, qu'il le fasse ! » Rapporté par Ahmad 

L’Islam prêche également la compassion envers les animaux ; ainsi, ils ne doivent être ainsi utilisés qu’aux fins pour lesquelles ils sont destinés et non pour des besoins de divertissement (comme le combat de coqs ou la tauromachie). Un jour, en voyant une hirondelle voler à ras du sol, le Prophète (à lui bénédictions et salut) lança à ses Compagnons : «Qui a affligé cette hirondelle en lui enlevant son petit ? Rendez-lui donc son oisillon». 
Selon une autre tradition, «une femme entra en enfer à cause d’une chatte qu’elle avait enfermée et affamée, en l‘empêchant de se nourrir, même des vers (insectes) de la terre». Le récit suivant, tenu également du Prophète, abonde dans le même sens : «Un homme souffrant d’une soif intense est descendu dans un puits pour se désaltérer ; mais en remontant, il vit un chien haletant de soif et léchant le sol humide. Il se dit alors : ce chien souffre cruellement de la soif comme moi-même auparavant; sur ce, il redescend dans le puits, remplit sa pantoufle d’eau et donne à boire au chien assoiffé. Pour ce geste, ses péchés lui furent pardonnés». 

يحكي لنا النبي صلى الله عليه وسلم قصة رجل غفر الله له؛ لأنه سقى كلبًا عطشان، فيقول صلى الله عليه وسلم: (بينما رجل يمشي بطريق اشتد عليه العطش فوجد بئرًا فيها، فشرب، ثم خرج، فإذا كلب يلهث، يأكل الثرى من العطش، فقال الرجل لقد بلغ هذا الكلب من العطش مثل الذي كان بلغ بي، فنزل البئر فملأ خُفَّهُ (حذاءه) بالماء، ثم أمسكه بفيه (بفمه)، فسقى الكلب، فشَكَرَ اللهُ له، فَغَفَر له). 

فقال الصحابة: يا رسول الله، وإن لنا في البهائم لأجرًا؟ 

قال: (في كل ذات كبد رطبة أجر (يقصد أن في سقي كل كائن حي ثوابًا) 
[البخاري 



L’humilité et la bonne parole : 

Le prophète (paix et salut sur lui) dit: « Ceux qui me sont les plus chers et seront les plus près de moi le jour de la résurrection, sont ceux qui jouissent de la meilleur moralité. Ceux que je déteste et qui seront loin de moi le jour de la résurrection, sont les bavards, les phraseurs et les prolixes ». « Ô Messager de Dieu ! Nous connaissons bien les bavards et les phraseurs, mais qui sont les prolixes? » Demandèrent –ils. « Ils sont, répondit-il les arrogants » [4] 

Le pardon : 

روى البزار والطبراني والحاكم عن أبي هريرة رضي الله عنه قال 
قال رسول الله صلى الله عليه وسلم 
ثلاثٌ من كن فيه حاسبه الله حساباً يسيراً وأدخله الجنة برحمته 
قالوا وما هي يا رسول الله بأبي أنت وأمي 
فقال: تعطي من حرمك وتصل من قطعك وتعفوا عن من ظلمك ، فإذا فعلت ذلك يدخلك الله الجنة 
Le Prophète (paix et salut sur lui) nous a montré le chemin vers le Paradis en nous disant: « Donne à celui qui t’a privé, renoue (maintient le lien) avec celui qui a rompu avec toi et pardonne à celui qui a été injuste envers toi. »[5]. 

Interdiction du Takfîr : 

Selon Ibn 'Umar, le Messager de Dieu (paix et salut sur lui) a dit: «Quand l'homme dit à son frère: «Espèce de mécréant!» l'un des deux a sûrement mérité ce titre. Il s'applique à l'autre si ce qu'il a dit est vrai, sinon c'est à lui qu'il revient».[6] 

Thâbit Ibn Ad-Dahâq (que Dieu l’agrée) qui était l’un de ceux qui ont prêté serment d’allégeance sous l’arbre (le pacte de Ar-ridwân), a rapporté que l’Envoyé de Dieu (Que Dieu lui accorde Sa Grâce et Sa paix) a dit : « ... Maudire un croyant équivautà le tuer. Celui qui accuse un croyant d’incrédulité, est aussi coupable comme s’il l’avait tué ».[7] 

Comportement social : 

Al-Barâ Ibn 'Âzib rapporte: «Le Messager de Dieu (paix et salut sur lui) nous a ordonné sept choses: 
- Rendre visite au malade. 
- Suivre les cortèges funèbres. 
- Dire à celui qui éternue: «Que Dieu soit miséricordieux avec toi!» (lorqu'il dit: Al-hamdulillâh) 
- Soutenir le faible. 
- Aider l'opprimé. 
- Saluer les autres. 
- honorer le serment»[8]. 

L’amour du prochain, la fraternité, le bon jugement et la solidarité : 

Selon Abû Hurayra, le Messager de Dieu (paix et salut sur lui) a dit: «Vous n'entrerez au Paradis que lorsque vous aurez cru et vous ne croirez que lorsque vous vous aimerez les uns les autres. Voulez-vous que je vous indique une chose capable de vous faire aimer les uns les autres? Saluez-vous entre vous».[9] 
Selon Abû Hamza Anas Ibn Mâlik (que Dieu soit satisfait de lui), serviteur de l'Envoyé de Dieu, paix et salut sur lui, le Prophète (paix et salut sur lui) a dit: «Aucun de vous ne devient véritablement croyant, jusqu’à ce qu’il aime pour son frère, ce qu'il aime pour lui-même»[10].
An-Nu‘mân Ibn Bashîr (que Dieu l’agrée) a rapporté que l’envoyé de Dieu (que Dieu lui accorde Sa Grâce et sa Paix) a dit : «Tu vois les croyants dans leur amour, leur affection, et dans leur miséricorde qu’ils se portent, comparables à un seul corps. Lorsque un membre est affecté, c’est l’ensemble du corps qui ressent la douleur et s’enfièvre».[11] 
Selon Abû Hurayra (que Dieu soit satisfait de lui), l'Envoyé de Dieu, paix et salut sur lui, a dit: «Ne vous jalousez pas, n'enchérissez pas les uns sur les autres, ne vous haïssez pas, n'agissez pas avec perversité les uns à l'égard des autres, et ne concluez pas d'achats au détriment les uns des autres. Soyez, ô serviteurs de Dieu, tous frères; le musulman est frère du musulman, il ne l'opprime pas, ni ne l'abandonne, il ne lui ment pas, ni ne le méprise. La crainte de Dieu est ici (en désignant trois fois sa poitrine), puis il ajouta: Le pire de l'iniquité est de mépriser son frère musulman. Tout ce qui appartient au musulman est sacré pour le musulman: son sang, son bien et son honneur»[12]. 
Selon Abû Hurayra (que Dieu lui accorde Sa satisfaction), le Messager de Dieu (paix et salut sur lui) a dit: "Méfiez-vous de la présomption car la présomption est le parler le plus mensonger. N'employez pas vos cinq sens à la recherche des défauts des autres et ne vous espionnez pas. Bannissez entre vous toute concurrence déloyale, toute envie et toute haine. Ne vous tournez pas le dos les uns aux autres et soyez frères, ô esclaves de Dieu! Le Musulman est le frère du Musulman: il ne lui fait pas d'injustice, ne lui refuse pas son soutien et ne le méprise pas. La piété est ici (désignant sa poitrine). Il suffit à l'homme pour être mauvais de mépriser son frère musulman. Tout le Musulman est interdit au Musulman: son sang, son honneur et ses biens. Dieu ne regarde pas vos corps, ni vos images, mais Il regarde vos cœurs."[13] 

Abû Hurayra (que Dieu l’agrée) a rapporté que l’envoyé de Dieu (que Dieu lui accorde Sa Grâce et Sa Paix) a dit : « Evitez de conjecturer sur autrui, car de telle conjecture est la plus mensongère des paroles. Ne soyez pas indiscret, n’espionnez pas, ne vous livrez pas aux surenchères, ne vous enviez pas, ne vous détestez pas, ne fuyez pas les uns les autres, et soyez des serviteurs de Dieu, des frères ».[14] 

La vertu : 

Selon An-Nawwâs Ibn Sam‘ân (que Dieu soit satisfait de lui), le Prophète (paix et salut sur lui) a dit: «La vertu est (la somme) des bonnes qualités, et le péché, c'est ce qui s'implante dans ton âme, alors qu'il te répugnerait que les gens puissent le savoir».[15] 
Wâbisa Ibn Ma‘bad (que dieu soit satisfait de lui) a dit: j'allai voir l'Envoyé de Dieu, paix et salut sur lui, et il me dit: «Tu viens me questionner au sujet de la vertu?» «Oui», répondis-je, et il reprit: «Interroge ton cœur. La vertu c'est ce par quoi l'âme jouit du repos et le cœur de la tranquillité. Le péché, c'est ce qui s'implante dans l'âme et met le trouble au sein de l'homme, et ceci malgré toutes les consultations religieuses que l'on pourrait te donner (de la part des gens doctes, pour te tranquilliser)»[16]. 

L’entraide et le non dévoilement des défauts des autres : 

Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Prophète (paix et salut sur lui) a dit : « Celui qui soulage un croyant d’une peine dans ce monde, Allah le soulagera d’une des peines au Jour de la Résurrection. Celui qui vient en aide à quelqu’un en difficulté, Allah lui accordera la facilité dans ce monde et dans l’Autre. Celui qui couvre une faiblesse (physique ou morale) d’un musulman, Allah le couvrira dans ce monde et dans l’Autre. Allah vient en aide au serviteur tant que celui-ci vient en aide à son frère. Celui qui s’engage dans une voie à la recherche d’une science, Allah lui facilitera une voie vers le Paradis. Il n’est pas de gens qui se réunissent dans une des maisons d’Allah pour y réciter le Livre d’Allah et de se l’enseigner réciproquement sans que ne descende sur eux la Paix divine (As-sakîna) ; que la miséricorde ne les couvre et les Anges ne les entourent et qu’Allah ne les mentionnent parmi ceux qui se trouvent auprès de Lui. Celui qui sera retardé par ses mauvaises actions, sa noblesse et sa réputation (Nasab) ne lui seront d’aucun secours [pour avancer] »[17] 

L’indulgence : 

« Dieu octroie avec l’indulgence, ce qu’il n’octroie pas par la violence »[18] disait t-il. Il a fait de ses disciples une communauté du juste milieu, d’amour et de respect d’autrui (nulle contrainte dans la religion[19]). 

La facilité et l’annonce de la bonne nouvelle : 

Quand il a envoyé Mu‘âd Ibn Jabal comme messager (des bonnes valeurs) au Yémen il lui dit : « soit annonciateur de la bonne nouvelle, n’éloigne pas les gens de la religion de Dieu, cherche la facilité(facilite) … » [20] 
Toujours dans ce même contexte il dit : «Cherchez la facilité (facilitez) et évitez la difficulté (les choses dures et compliquées) (ne rendez pas les choses difficiles) ; et soyez des annonciateurs de la bonne nouvelle et ne rebutez pas les gens (ne les dégoûtez pas et ne les faites pas fuir)»[21] 
Rapporté par Al-Bukhârî et Muslim. 
( يسروا ولا تعسروا ، وبشروا ولا تنفروا ) 
رواه البخاري 

‘Aïsha (que Dieu l'agrée) rapporte: « Chaque fois qu'on a laissé au Messager de Dieu (paix et salut sur lui) le choix entre deux solutions, il en prenait toujours la plus aisée tant qu'il ne s'agissait pas d'un péché. Quand c'était un péché il en était le plus éloigné…( Al-Bukhârî Chapitre 72, 638) 

Le juste milieu et la régularité : 

Aïsha (que Dieu l’agrée) a rapporté que le Prophète (paix et salut sur lui) rentra chez elle alors qu’une femme se trouvait chez elle. Il lui demanda : « Qui est cette femme ? »-Une telle, répondit-elle, elle me faisait part de tout le temps qu’elle consacre à la prière. - Tais-toi, lui dit-il, « contentez-vous de faire votre possible. Dieu ne se lassera pas (de vous récompenser) tant que vous-même vous ne vous fatigueriez pas (de pratiquer votre culte) ». La religion (actes cultuels) la plus agréable au Prophète, conclut Aïsha, était celle qui était appliquée par le fidèle avec le plus de régularité[22]. (Même si ce n’est que peu de chose) 

La sagesse dans l’acte et la parole : 

Abû Mas‘ûd Al-Ansârî (que Dieu l’agrée) a rapporté : « un homme dit à l’Envoyé de Dieu- Paix et salut sur lui- : Il m’arrive parfois de ne plus faire la prière en commun à cause d’un tel qui la rend trop longue ». Jamais je n’ai vu le Prophète - Paix et salut sur lui- en faisant un prône, très irrité comme ce jour là. Il dit : « Ô hommes ! Vous poussez les gens à fuir la prière (en commun). Que celui qui dirige la prière la rende courte, car il y aura parmi les hommes, le malade, le faible et celui qui a d’autres préoccupations ».[23] 

Selon ‘Ali (que Dieu l’agrée) : le prophète (paix et salut sur lui a dit) : « Parlez aux gens selon ce qu’ils peuvent comprendre, voulez vous qu’on ne croit pas en Allah et à Son messager »[24] 

La droiture : 

Il lui a été révélé entre autre dans le Coran : « Prends le droit chemin comme il t’a été ordonné ainsi que ceux qui sont revenus à Dieu avec toi et n’outrepassez point les limites de Dieu, Il voit parfaitement ce que vous faites »[25]. 
Il disait (paix et salut sur lui et sur tous les prophètes avant lui) :« la sourate 11: Hûd et ses sœurs m’ont fait pousser les cheveux blancs » (car il y avait dans ces sourates le mot « Istaqim » : agit en toute droiture) 





[1] Sourate Le CALAME, Verset 4. 

[2] Rapporté entre autre par l’Imam Ahmad Ibn Hanbal (6/91,163) et Al-bayhaqî (2/499). 

[3] Rapporté par Al-bukhârî dans « Al-adab Al-mufrad » (273) et Ahmad Ibn Hanbal dans le Musnad (2/381). 

[4] Rapporté par Al-Tirmidhî. 

[5] Rapporté par Al-bazzâr, At-tabarânî et Al-hâkim. Allah dit dans le Coran : «Défends toi par ce qu'il y a de plus beau; alors celui avec qui tu étais en inimitié deviendra comme s'il était ami chaleureux » Sourate 41 versets 34. 
«Et pour ceux qui, atteints par la rébellion, se portent secours à eux même, car un mal a pour paiement un mal, son pareil. Mais quiconque pardonne et réforme, son salaire alors est à Dieu. » Sourate 43 versets 39-40. 
« Ceux qui dépensent dans la richesse et dans la pauvreté, qui refoulent leur colère et qui pardonnent aux gens. Et Dieu aime les gens de bien » Sourate 3, verset 134. 

[6] Rapporté par Al-bukhârî et Muslim :(hadîth : 1732). Ce hadîth constitue une mise en garde explicite contre le takfîr. 

[7] Hadîth 2031 (p 856) le livre de l’autorisation pour entrer chez autrui dans le sommaire du sahîh al-bukhârî par L’imam Zein Ed-Dine Ahmed ibn Abdul-Latif A-Zoubaidi. 

[8] Rapporté par Al-bukhârî et Muslim :(hadîth : 847). 

[9] Rapporté par At-tirmithî. 

[10] Rapporté entre autre par l’Imam An-nawawî dans ses quarante hadîths : numéro : 13. 

[11] Hadîth 2018 (p 852) le livre de l’autorisation pour entrer chez autrui dans le sommaire du sahîh al-bukhârî par L’imam Zein Ed-Dine Ahmed ibn Abdul-Latif A-Zoubaidi, traduction Fawzi Chaaban: édition : Dar Al-Kutub Al-Ilmiyya : Beyrouth Liban. 

[12] Rapporté entre autre par l’Imam An-nawawî dans ses quarante hadîths : numéro : 35. 

[13] Rapporté par Muslim et Al-Bukhârî Chapitre 127, Page 444, Numéro 1568. 

[14] Hadîth 2035 (p 856) le livre de l’autorisation pour entrer chez autrui dans le sommaire du sahîh al-bukhârî par L’imam Zein Ed-Dine Ahmed ibn Abdul-Latif A-Zoubaidi. 

[15] An-nawawî. 

[16] Rapporté entre autre par l’Imâm An-nawawî dans ses quarante hadîths : hadîth numéro 27. 

[17] Rapporté entre autre par Muslim textuellement et par l’Imâm An-nawawî dans ses quarante hadîths : hadîth numéro 36. 

[18] Rapporté par Muslim. 

[19] Coran: Sourate 2, verset 256. 

[20]Al-Bukhâri, dans le chapitre (Kitâb) al-Maghâzî : Le Messager (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) envoya Mu‘âdh ibn Jabal et Abû Mûsa au Yémen afin d’y inviter ce peuple à l’Islam. Il leur recommanda de leur rendre les choses faciles et non difficiles, d’encourager les gens et de ne pas les effrayer. 

[21] Sahîh al-Bukhârî, Vol. 1, #69. 

[22] Rapporté par Al-Bukhârî, Hadîth 40 (p 27) le livre de la foi : « le sommaire du sahih al-bukhârî » par L’Imam Zein Ed-Dine Ahmed ibn Abdul-Latif A-Zoubaidi (Tome I). 

[23] Rapporté par Al-Bukhârî, Hadîth 79 (p 45) le livre de la science : « le sommaire du sahih al-bukhârî » par L’Imam Zein Ed-Dine Ahmed ibn Abdul-Latif A-Zoubaidi (Tome I). 

[24] Rapporté par Al-Bukhârî. 

[25] Sourate 11, verset : 112. 

Conclusion 

Le bon comportement est ainsi le meilleur fruit de la bonne pratique de la religion. Il doit nous amèner surtout à veiller à l'union sacrée des musulmans quelque soit leur tendance et leur différent. 

La division en Islam est interdite. On doit tous se respecter et s'entraider pour le bien de l'humanité 


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La vie de L'imam Malick et son Ecole


Photo Illustrative
L’authenticité de l ’Ijtihâd

Le Prophète (paix et salut sur lui) avait enseigné à Mu'âdh ibn Jabal (surnommé le mieux connaissant du Halâl et du Harâm) avant de l’envoyer au Yémen comme messager des bonnes valeurs de l’Islam: "Selon quoi jugeras-tu lorsque le besoin s'en présentera ? – Selon le Livre de Dieu, avait répondu Mu'âdh. – Et si tu ne trouves pas (de solution explicite) dans le Livre de Dieu ? – Je jugerai alors selon les Hadîths du Messager de Dieu, avait répondu Mu'âdh. – Et si tu ne trouves pas (de solution explicite) dans les Hadîths du Messager de Dieu ? – Je ne manquerai alors pas de faire un effort de réflexion (ijtihâd) pour formuler mon opinion, avait répondu Mu'âdh." Sur quoi le Prophète avait manifesté son approbation en ces termes : "Louange à Dieu qui a guidé le messager du Messager de Dieu vers ce qu'agrée le Messager de Dieu."
Rapporté par at-Tirmidhî et Abû Dâoûd, voir aussi A'lâm ul-muwaqqi'în, tome 1 pp. 49-50.

Le Prophète (paix et salut sur lui) a dit : « lorsque le juge a fait un effort (juridique) (ijtahada) puis a atteint la vérité, il a deux récompenses, et s’il a fait un effort (juridique) et s’est trompé, il a une seule récompense ».
Rapporté par Al-Bukhârî : Hadîth n° : 6805 : chapitre : « Al- i‘tisâm bi al-kitâb wa as-sunna »

Ne peut faire l’Ijtihâd que celui qui a atteint le degré de savant « Mujtahid ».

Usûl Al-Fiqh

Ce terme désigne la base du droit musulman, c'est-à-dire l’ensemble des textes et des outils qui ont permis aux savants d’émettre l’avis juridique (Fatwa) à propos des divers sujets en question.
Les deux premières sources des Usûl Al-Fiqh - pour les quatre écoles sunnites reconnues par la Communauté musulmane- sont le Coran et la Sunna.
Il n’est pas donné à n’importe qui d’interpréter le Coran et la Sunna. Celui qui interprète ces textes sacrés sans avoir la science nécessaire qui permet d’en déduire les jugements, celui là suit sa passion, s’égare et égare avec lui ceux qui le suivent.
On a précisé dans la rubrique « Conditions de la Fatwa et de l'interprétation » quelques règles liées à la compréhension et à l’interprétation des textes sacrés.

Pour les questions et sujets nouveaux qui n'ont pas été traités par les textes traditionnels, les quatre écoles ont eu recours à ce qu'on appelle les outils de l’Ijtihâd- l'effort juridique-.
On peut citer parmi ces outils:
*l'analogie (ou le rapprochement par rapport au texte traditionnel) « al-qiyâs »,
*le consensus « al-ijmâ' » (basé sur la célèbre parole du Prophète (paix et salut sur lui): "Ma communauté ne peut pas avoir un consensus faux (égaré)[1]",
*l'intérêt de la communauté « Al-masâlih al-mursala »,
*la préférence personnelle en vue du bien « istihsân »
*l'opinion personnel « Ar-ra’y » (spécialité de l'école hanafite) basé sur l'interprétation « ta’wîl ».
*la prévention de l’inconvénient « Sadd ad-darâi' ».
On reviendra sur ces outils plus loin.

L’Imâm Mâlik et son école

L’école malikite de Médine est la plus ancienne école d'exégèse coranique . Elle a été fondée par l’Imâm Mâlik Ibn Anas[93 H/716 ap. J.-C. - 179 H./795 ap. J.-C] qui pris sa science entre autre de : Ibn Chihâb Az-zuhrî, Abû Az-zannâd, Ibn Hourmuz, Rabî'a Ibn 'abd Ar-rahmân, Nâfi' l'affranchi du grand compagnon Abdellah Ibn 'Umar (que Dieu l'agrée) et de Yahyâ Ibn Sa'îd Al-Ansâri (mort en 143 H) fils d'un partisan du Prophète (paix et salut sur lui).
L'Imâm Mâlik fut un disciple direct des Successeurs des Compagnons du Prophète Muhammad, sur lui la Grâce Divine et la Paix. Il étudia aussi auprès de Ja'far as-Sâdiq et connut Abû Hanifah.

Le fait que l’Imâm Mâlik fut implicitement cité par le Prophète (paix et salut sur lui) et qualifié de « Savant de Médine » dans le hadîth voir le lien suivant, suffit (à lui seul) pour certifier que sa notoriété et sa fiabilité sont irréfutables et que sa qualité est hautement reconnue sans aucune divergence.

Selon An-Nawawî, Mâlik eut 900 maîtres dont 300 Successeurs, les autres étant des Successeurs des Successeurs.

Al-qâdî 'Iyâd de Ceuta(l'auteur du Shifâ) dit dans son Tartîb al-madârik: "les savants en récits traditionnels ont dit :"Le guide des consciences après 'Umar Ibn Al-khattâb fut Zayd Ibn Thâbit, et après lui, 'Abd Allah Ibn 'Umar. Vingt-et-un transmetteurs ont reçu leur science de Zayd, qu'ils ont ensuite transmise à trois hommes: Ibn Chihâb,Bukayr Ibn 'Abd Allah et Abû Az-zannâd, pour enfin parvenir à Mâlik Ibn Anas"".

Sa vie et sa science étaient à Médine, la ville du Prophète, qui était naturellement la mieux placée en tant que dépositaire des « traditions connues » (hadîth Mashhûr). Mâlik commença à enseigner dès l'âge de 17ans. Il choisit la Mosquée du Prophète pour tenir son cercle de science. Plus précisément, il choisit, dans la mosquée de Médine, l'endroit où se tenait le Calife 'Omar Ibn Al-Khattâb. C'est là que s'asseyait le Messager de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui).


Pour un autre exposé détaillé sur la vie de l'Imâm Mâlik (que Dieu l'agrée): cliquez ici.
La qubba sur la tombe de l’Imâm Mâlik fut détruite par les Wahabbis en 1800.


Les sources juridiques de l'école de Mâlik sont bien sûr avant tout le Coran , puis la sunna, puis le consensus des savants (ijmâ‘ ), puis les coutumes médinoises (‘amalu ahli al-Madîna) (car les médinois "descendants des compagnons du Prophète (paix et salut sur lui)" connaissaient mieux que quiconque la Sunna), l'effort d'interprétation personnelle (Ijtihâd), l'opinion personnelle (ra'y) qui découle de la réflexion (fikr) (en l'absence du texte sacré), la préférence personnelle en vue du bien (istihsân), ainsi que le raisonnement par analogie (qiyâs), et la prévention de l’inconvénient (Sadd al-ddarâi‘). Elle s’appuie également sur l’intérêt général « Al-masâlih Al-mursala » qui fait que cette école répond parfaitement aux événements liés à l’évolution des temps et aux besoins de la communauté en matière de droit. Cette diversité de méthodes et de règles juridiques est sans doute le secret de la richesse et de la force de cette école. Et bien qu'elle soit assez scrupuleuse sur le plan de la pratique religieuse (notamment des cinq piliers fondamentaux de l'Islam), cette école est aussi, avec l'école hanafite, la plus ouverte et la plus souple dans son adaptation aux différentes réalités locales et temporelles et à l'évolution du monde. Elle est donc mieux en mesure d'appréhender les adaptations nécessaires d'une façon souple et efficace. Surtout que cette école, à la suite de son fondateur, homme humble et scrupuleux, a une maturation fondamentale, et une intention (niyya) tournée avant tout vers la préservation de l'unité de la Umma, préférant cultiver ce qui réunit que de rechercher des solutions juridiques qui pourraient diviser.

De part la richesse de ses outils et des possibilités qu’elle révèle, de nouveaux avis juridiques peuvent être émis par ceux qui ont les compétences juridiques pour répondre au mieux, loin du fanatisme ou de l’extrémisme religieux ; aux besoins des musulmans, sans renier les fondements généraux de l’Islam et ses valeurs d’amour, d’unité, d’entente et de paix.


L’imam Mâlik était réputé pour sa narration du Hadîth, il est considéré comme l’un des meilleurs en la matière et des plus fiables (Al-Bukhârî lui-même confirmera plus tard la haute fiabilité de ses chaînes). Les ouvrages de référence de l’école malikite sont, entre autres, le Muwatta’ (la voie rendue aisée) (premier recueil de Hadîth et de Fiqh en Islam) de l’Imâm Mâlik et la Mudawanna Al-kubrâ, un recueil des avis juridiques de Mâlik qu’a compilé son élève Sahnûn Ibn Saïd At-tanûkhî.

Abû Zahra dans son livre sur l'Imâm Mâlik sa vie, et son époque, ses opinions et son Fiqh déclare concernant le Muwattaa :
« l'histoire ne connaît pas de recueil de Hadîth et de Fiqh plus ancien qu'Al-Muwatta'...Aucun auteur avant Mâlik ne devait connaître la notoriété de ce dernier avec son Muwatta', qui nous est parvenu tel qu'il a été rédigé par son auteur. C'est pour cela que nous disons de lui qu'il est le premier recueil de Hadîth et de Fiqh à avoir été composé »

L'Imâm Ash-Shâfi'i disait de l'Imâm Mâlik et de son Muwattaa : « L'ouvrage le plus authentique après le Livre de Dieu est le Mouwattaa de Mâlik ». (L’imâm Ash-shâfi’ a dit cela puisqu’il a vécu avant l’apparition des deux ouvrages authentiques Al-Bukhârî et Muslim).
Al-Bukhârî a surnommé la chaîne de transmission citée dans le Muwatttaa : la chaîne d’or (pour souligner sa grande authenticité) : il s’agit de Mâlik d’après Nâfi’ d’après Ibn omar…on cite aussi comme chaîne hautement authentique du Muwattaaa : Az-zuharî d’après Sâlim d’après Ibn Omar…

L’imâm Mâlik a rassemblé(écrit) son livre Al-Muwattaa en quarante ans, ceci à cause de l’attention particulière qu’il portait à la qualité des transmetteurs et du contenu, et à la rigueur et scrupule dans l’authentification des Hadîths…
Ibn ‘Abdel Al-barr rapporte selon Al-Awzâ’î : on a exposé à l’imâm Mâlik son Muwattaa en quarante jours et il dit : « ce livre que j’ai composé en quarante ans, vous le prenez en quarante jours, vous manquez de compréhension de ce livre ! »

Le Muwattaa contenait au début de son écriture plus de 10 000 Hadîths, puis l’Imâm Mâlik par sa rigueur et son scrupule le réduisait chaque année jusqu’à arriver à prés de 600 hadîths…
Abû Bakr Al-Abharî a dit : « la somme de ce qu’il y a dans le Muwattaa de récits prophétiques, de compagnons et de successeurs est de :1720 hadîths : le Musnad parmi ces Hadîths est de 600 Hadîths, le Mursal compte 222 hadîths, et le Mawqûf (paroles attribuées aux compagnons du Prophète) : 613 Hadîths et les paroles des successeurs : 285 récits. » (Voir tanwîr Al-hawâlik de l’Imâm As-sayûtî : tome I page 6.)

Al-qâdî ‘Iyâd de Ceuta rapporte dans son livre Al-Madârik (2/73) pour les circonstances de l’écriture du Muwattaa :
« Le Calife Abû Jaafar Al-Mansour Al-‘abbâsî - premier Calife de la dynastie des Abbasites-, a dit à l’Imâm Mâlik : « O Abû ‘Abdellah ! Rassembles cette science et écris un ouvrage : évites dans cet ouvrage les particularités(les extêmes) (shawâddh) d’Ibn Masoud, les choses difficiles (shadâid) d’Ibn Omar et les dérogations d’Ibn Abbâs ; et cherche plutôt le juste milieu en toute chose et ce qui fait unanimité chez les compagnons et Imâms, et fais de cette science une science unifiée »

Beaucoup de savants anciens et contemporains se sont penchés sur l’interprétation du Muwattaa et son commentaire. Le Muwattaa fut traduit en plusieurs langues.

Voir ici sur ce lien, les paroles de sagesse de l’Imâm Mâlik et plus de détails sur son Muwattaa.

La Mudawanna (Al-kubrâ) (appelé aussi la mère), est la première référence de notre école Malikite en matière de droit : c'est un recueil énorme regroupant tous les avis juridiques de l'Imam Mâlik ( et ses maîtres ) (souvent argumentés par les Hadîths) qu'a compilé son élève Sahnûn Ibn Saïd At-tanûkhî.
Sahnûn a rapporté le contenu de sa Mudawwana d'Ibn Al-qâsim qui a rapporté de Mâlik
La Mudawwana comporte 30200 sujets traités.

Abû Saïd Sahnoun Ibn Saïd Ibn Habib Ibn Rabia AL TANOUKHI Imam SOUHNOUN- né à Kairouan en 777 (160 H). En 804 il se rendit pour trois ans en orient parfaire ses connaissances. De retour à Kairouan il s'implique à répandre la doctrine de l'imam Mâlik dans tout l'occident musulman. Son oeuvre maîtresse 'la moudawwana' y contribua largement Nommé Cadi (Juge) de Kairouan en 849 (234 H) il occupa cette charge jusqu'à sa mort en 855 (240 H).

La deuxième référence de notre école malikite en matière de droit est Al-wâdiha fî as-sunan wa al-Fiqh de 'Abdel Malik Ibn Habîb (elle a été notamment mise en valeur par les malikites d'Andalousie)

La troisième référence de notre école est Al-mustakhraja de Muhammad Ibn Ahmad Al-'atabî al-andalusî: connue sous le nom de Al-'Utbiyya: Ibn Rushd s'est référé à cet ouvrage.

La quatrième référence de notre école est Al-muwâziya de Muhammad Ibn Ibrâhîm Al-Iskandarî connu sous le nom de Ibn Al-Muwâz : il s’ agit de l’ouvrage le plus authentique et le plus complet selon beaucoup de savants.


Détails de quelques outils de l’Ijtihâd spécifiques à l’école malikite [2]

En plus des outils classiques de l'ijtihâd qui sont communs entre les quatre écoles sunnites tels l'analogie (qiyâs) ou le consensus (Ijmâ'), on cite ici quelques outils qui caractérisent spécifiquement l'école malikite:

'Amal ahl al madîna:

L’école malikite met l’accent sur l’avis des compagnons du Prophète et sur la pratique des médinois (‘amal ahl al madîna), ces derniers étant les descendants des compagnons du prophète. Voir ici les détails sur la notion des pratiques des médinois

La particularité du fiqh de l'imam Malik est qu'il considère l'opinion des savants de Médine comme l’une des sources de droit et le consensus de ces savants comme étant source de droit avant toute autre opinion.

La philosophie de Malik est la suivante: Médine est la ville qui a accueilli le Prophète - que la Bénédiction et la Paix soient sur lui -, où les Compagnons les plus proches du Prophète ont vécu (Umar, Ali, Uthman, Talha, Zubayr, Sa'd, Zayd ibn Thabit, etc.) et où les sectes sont apparues en dernier.

Pour l'imam Malik, il est donc impossible que le consensus des gens de Médine qui provient de l'enseignement des Compagnons soit source d'erreur, puisque jadis les habitants de Médine ont pratiqué l'Islam de la manière la plus pure et la plus conforme à la source.

D'ôù la parole de Malik: « je préfére la transmission de milliers par d'autres milliers que d'une seule personne par une autre.» Il veut dire par là que la Pratique des Gens de Médine est une transmission 'mutawâtir' (d'un nombre très important de personnes fiables) et est donc supérieure à un hadith transmis seulement par une personne (fiable) à une autre (fiable) (hadith ahad).

L’école malikite donne aussi une place importante aux coutumes de la société s’ils ne contredisent pas la loi divine.


Al-masâlih al mursala:الاستصلاح و المصالح المرسلة

L’établissement des normes juridiques à partir de l'intérêt général de la société, appelé al masâlih al mursala est valorisé dans l'école de Mâlik.
Le principe de al-masalih al-mursala correspond à tous les bénéfices non liés à un texte du Coran ou une sunnah précise.
الاستصلاح عبارة عن تشريع حكم في واقعة لا نصّ فيها ولا إجماع، بناء على مراعاة مصلحة مرسلة مطلقة

La notion de masalih al mursala est souvent très proche de celle d'al-istihsan. L'imam Shatibi écrit que la différence réside dans la nature de la règle, al-istihsan est une dérogation à une règle établie alors qu'al-masalih al-mursala n'est pas conditionné.

Exemples :
Les Compagnons – que Dieu les agrée – ont compilé le Coran sous la forme de Livre, puis les générations suivantes ont rajouté la vocalisation, les sommaires, index, découpages en parties etc. parce qu'il y avait un intérêt à le faire; comme pour les minarets, les écoles… qui n'existaient pas à l'époque du Prophète – que la Bénédiction et la Paix soient sur lui -.

Dans les cas douteux où aucune solution claire ne saurait être tirée des sources (Coran et Sunna), le juge doit prendre sa décision tenant compte du plus grand bien public plutôt que de son opinion personnelle.


Al-istihsan :

Ibn al-Qâçim rapporte que l'imam Malik avait l'habitude de dire que la connaissance d'al-istihsan constituait 9/10ème de la connaissance.

al-istihsan peut être traduit par 'choix préférentiel' ou 'préférence juridique'.
Ce principe est utilisé comme une exception à une règle de manière temporaire ou particulière quand un bénéfice est recherché (ou pour éviter une nuisance).

Il existe deux types d'al-istihsan :

-Al istihsan basé sur une analogie :
L'imam Shatibi écrit: « Al-istihsan est utilisé lorsqu'il est nécessaire de préférer une déduction renforcée à l'analogie. Celui qui utilise al-ishtisan ne se réfère pas seulement à son inclinaison et son goût personnel mais il se réfère à l'intention du Législateur qui se dégage de cas similaire. Or, une question réglée par analogie (simple) pourrait entraîner une nuisance. »
L'objectif d'al-istihsan est justement d'empêcher cette nuisance.
Le Shaykh Muhammad Abu Zahrah donne comme exemple, dans son livre sur l'Ecole Malékite, le cas d'un couple où la femme vient à mourir, laissant derrière elle un mari, deux enfants du couple et deux enfants de la femme issus d'un premier mariage.
L'application stricte du principe d'analogie reviendrait à donner la moitié de l'héritage au mari, le sixième aux filles du couple et le tiers aux fils du couple. Leurs demi-frères et demi-sœurs ne recevraient rien. Confronté à ce problème, Sayyiduna Umar ibn al-Khattab – que Dieu l'agrée – a considéré, par l'utilisation d'al-istihsan, qu'ils devaient eux aussi hériter du sixième et du tiers.

-Al istihsan basé sur une nécessité :
Par exemple, al-istihsan est utilisé lorsqu'une personne a besoin (nécessité médicale) d'être examinée par un docteur en se montrant nue devant lui, alors que la règle générale interdit de se montrer nue devant une personne étrangère.
Sayyiduna Umar ibn al-Khattab – que Dieu l'agrée – a aussi suspendu l'application de la peine légale (hadd) lors d'une famine car certaines personnes étaient poussées, par nécessité, à voler.


Sadd ad-darâi' :

'Sadd al-ddarai' est la prévention des moyens qui peuvent entraîner une nuisance.
Le principe général est que ce qui mène vers l'illicite est illicite (et ce qui mène vers le recommandé est recommandé, vers le non-souhaitable, non-souhaitable etc.).

Par exemple, les savants considèrent qu'il est interdit de conserver du vin même si le but est d'en faire du vinaigre, car la tentation est toujours possible.

Autres exemples:

Creuser des puits est une bonne chose mais si cela est fait au milieu d'une route non (car il y a le risque que des gens y tombent)...

Utiliser un médicament autorisé en vu de l'ivresse qu'il procure est interdit .

Le gaspillage -même dans les choses licites- mais cela dépend de l'état matériel de la personne concernée et de la nature de la dépense: exemple une personne qui a une famille à charge ou des dettes n'a pas à donner tout son argent en aumône!
في المال منكران؛ أحدهما: الإضاعة. والآخر: الإسراف.
فالإضاعة: تفويت مال بلا فائدة يعتد بها كإحراق الثوب وتمزيقه، وهدم البناء من غير غرض. وإلقاء المال في البحر، وفي معناه صرف المال إلى النائحة والمطرب، وفي أنواع الفساد لأنها فوائد محرمة شرعاً فصارت كالمعدومة.

وأما الإسراف: فقد يطلق لإرادة صرف المال إلى النائحة والمنكرات، وقد يطلق على الصرف إلى المباحات في جنسها ولكن مع المبالغة.
والمبالغة تختلف بالإضافة إلى الأحوال فنقول: من لم يملك إلا مائة دينار مثلاً ومعه عياله وأولاده ولا معيشة لهم سواه فأنفق الجميع في وليمة فهو مسرف يجب منعه قال تعالى: " ولا تبسطها كل البسط فتقعد ملوماً محسوراً " نزل هذا في رجل بالمدينة قسم جميع ماله ولم يبق شيئاً لعياله فطولب بالنفقة فلم يقدر على شيء وقال تعالى: " ولا تبذر تبذيراً إن المبذرين كانوا إخوان الشياطين " وكذلك قال عز وجل: " والذين إذا أنفقوا لم يسرفوا ولم يقتروا " فمن يسرف هذا الإسراف ينكر عليه ويجب على القاضي أن يحجر عليه؛ إلا إذا كان الرجل وحده وكان له قوة في التوكل صادقة؛ فله أن ينفق جميع ماله في أبواب البر. ومن له عيال أو كان عاجزاً عن التوكل فليس له أن يتصدق بجميع ماله. وكذلك لو صرف جميع ماله إلى نقوش حيطانه؛ وتزيين بنيانه فهو أيضاً إسراف محرم، وفعل ذلك له ممن له مال كثير ليس بحرام لأن التزيين من الأغراض الصحيحة، ولم تزل المساجد تزين وتنقش أبوابها وسقوفها مع أن نقش الباب والسقف لا فائدة فيه إلا مجرد الزينة، فكذا الدور، وكذلك القول في التجمل بالثياب والأطعمة فذلك مباح في جنسه، ويصير إسرافاً باعتبار حال الرجل وثروته.

Il est interdit de se retrouver dans un lieu ou dans une situation qui pourrait entraîner la survenue de quelque chose d'illicite: endroit où de l'alcool ou de la drogue est consommé, lieu de débauche etc.

Insulter les idôles ou les symboles religieux des autres:

Allah dit dans le Coran : « N'injuriez(N'insultez pas) pas ceux qu'ils invoquent, en dehors d'Allah ; car par agressivité, ils injurieraient Allah, dans leur ignorance. De même, Nous avons enjolivé (aux yeux) de chaque communauté sa propre action. Ensuite, c'est vers leur Seigneur que sera leur retour; et Il les informera de ce qu'ils oeuvraient. » Sourate 6, verset 108.
Ainsi Allah interdit dans ce verset au Prophète (paix et salut sur lui) et aux musulmans d'insulter les idoles de pierres que les polythéistes adoraient en dehors d'Allah : car en effet ces polythéistes vont alors insulter Allah...
Les commentateurs de ce verset : notamment le savant Ibn 'Ajîba Al-hasanî dans son Tafsîr : « Al-Bahr Al-madîd fî tafsîr al-qurân al-majîd », Al-Bîdâwî et Al-Qurtubî dans leur Tafsîr également nous informent :

Les malikites s'appuie sur ce verset pour justifier le principe (juridique) connue dans cette école sous le nom de « la prévention de l'inconvénient » 'Sadd ad-darâi' c'est à dire la prévention des moyens qui peuvent entraîner une nuisance.
Ils ajoutent : Il est devoir de délaisser une obéissance (d'Allah) (tâ'a) qui va entraîner un péché sûr (ma'asiyya râjiha). Ce qui entraîne un mal est mal.

Ibn Al-'Arabi dit : la prévention et la sauvegarde de l'honneur par le fait de délaisser une Sunna est devoir dans ce bas monde.
Al-qurtubî ajoutent : « Ce verset [est toujours d'actualité] et son statut reste et n'est pas abrogé, tant que le mécréant est fort et qu'on craint qu'il insulte l'Islam ou le Prophète ou Dieu ; il est interdit donc au musulman d'insulter leur croix ou leur religion ou leurs églises (ou leurs symboles) car cela amènera au péché [au désordre]. Insulter les idoles des mécréants ne les fera que fuire de l'Islam et augmenter leur mécréance.

Ce verset est une preuve aussi sur le fait que même celui qui a raison et en droit, pourra s'abstenir de demander son droit si cela provoque un mal dans la religion. Le deuxième Calife Omar (que Dieu l'agrée) a dit dans ce sens : « Ne jugez pas entre les gens d'une même famille(qui ont des liens de parenté entre eux) de peur [de causer] la rupture », Ibn Al-'Arabi dit : « Si ce droit lui est dû (wâjib) il le prendra dans tous les cas, mais si ce droit est indifférent (jâiz) (autorisé) c'est de cela qu'il était question dans ce qui a été dit » »

Attention: il y a des situations où ce principe ne s'applique plus: on n'empêchera pas -par exemple- de planter du raisin par peur que l'on en fasse du vin et on n'interdira pas non plus dans les habitations le voisinage entre les gens qui ne sont pas des proches parents même si cela peut éventuellement engendrer l’adultère!


La législation(Shari'a) de nos prédécesseurs (Shar'u mâ qablanâ)
sauf celle abrogée par notre Shari'a ou celle qui la contredit.

Le dernier Messager (paix et salut sur lui) ainsi que sa communauté sont chargés par la révélation de pratiquer la législation de ceux qui nous ont précédé, i.e. ce que notre Shari'a stipule comme faisant partie de leur législation, mais ne stipule ni qu'il est législation pour nous ni qu'il ne l'est pas, car si le Coran le mentionne c'est pour qu'on le prenne en compte, comme le précise le verset coranique: "Il y a certes dans leur histoire une leçon pour des gens doués de réflexion", et le profit de la réflexion est la mise en pratique. Un autre verset coranique précise: "C'est ceux-là qu'Allah a guidé, prends donc leur guidance en exemple".
S'il est stipulé qu'il fait loi également pour nous, il n'y a alors pas de divergence quant à l'obligation de le pratiquer, comme le talion(Qisâs)- par exemple- que Dieu a mentionné comme faisant partie de la législation de nos prédécesseurs à travers le verset coranique: "et nous y avons prescrit à leur égard: vie pour vie, oeil pour oeil, nez pour nez, oreille pour oreille, dent pour dent, et dans les blessures le talion", et qu'il a également mentionné comme faisant partie de notre législation à travers le verset coranique: "ô vous qui croyez, le talion (qisâs) vous a été prescrit pour le meurtre". Mais il y a des choses qui font partie de leur législation sans être de la notre, comme la parole de Moïse s'adressant à son peuple, que le verset coranique suivant rapporte: "repentez vous à votre Créateur et mettez-vous à mort!", il nous est interdit à nous musulmans de nous donner la mort, notre législation nous a épargné les difficultés et les fardeaux, comme le précise le verset coranique suivant: "qui les décharge des poids et des chaines qui étaient sur eux".

On peut citer comme exemples de notre pratique de la législation des prédécesseurs la déduction de certains Shafiites du fait de se porter garant du retour d'une personne, ce qui est connu chez eux sous le nom de la Kafâla, du récit de Jacob (paix sur lui) et de ses enfants, relaté dans le verset coranique suivant "je ne l'enverrai pas avec vous tant que vous ne jurerez pas par Dieu de me le ramener, à moins que l'on vous cerne de toute part"; la déduction des hanbalites de la validité d'une longue location de service (Ijâra) de la parole du Très-Haut relatant le récit de Moïse (paix sur lui) avec Chou'ayb (paix sur lui): "je veux te donner comme épouse l'une de mes deux filles que voici" jusqu'à sa parole: "et si tu complètes dix ans, libre à toi"; la déduction des malikites de l'obligation de l'i'dhâr, qui est de dire au plaidant: "te reste t-il un argument?", du récit de Salomon (Sulaymân) (paix sur lui), avec la huppe, dans le verset coranique: "je vais la châtier durement ou l'égorger, à moins qu'elle me présente une justification explicite", ou leur déduction de la permission de la Ja'âla (paiement en contrepartie de l’achèvement d'un travail) de la parole du Très-Haut: "celui qui me le ramènera aura le chargement d'un chameau, je m'en porte garant"; et la déduction des savants que les prodiges (choses extraordinaires) des saints sont possibles de la parole du Très-Haut relatant l'histoire de Marie (Maryam) (paix sur elle): "il dit: ô Marie, d'où te vient ceci? Elle dit: de chez Allâh" (elle avait les fruits de l'été en hiver et les fruits de l'hiver en été et Dieu gratifie ses élus comme Il veut).

La coutume (Al 'ourf)

L'habitude ('âdah) est comme la coutume ('Ourf) dans son sens linguistique et terminologique. C'est la propagation d'un concept parmi les gens, qui peut être spécifique à certains pays ou groupes (ou époques). On jugera en fonction d'elle tant qu'elle ne contredit pas la loi divine.
Parmi ce qui est basé sur le 'Ourf (coutume), il y a le laps de temps considéré comme long pour les questions relatives à l'oubli dans la prière, le montant des dépenses dues à l'entretien de l'épouse et des enfants et les formules (formulations) des serments et des contrats...
L'origine de la prise en compte du 'Ourf dans la jurisprudence islamique est la parole d'Allah dans le Coran : "ordonne la bonne coutume", ainsi que Sa parole: "on doit aux épouses la même chose que ce qui leur incombe envers leurs maris selon l'usage".

Ref. «Poésie (et son commentaire) dans la science des fondements du droit musulman d'après Al-Waraqât de 'l'imam al Harameyn' al Juwayni», aux éditions Les 4 Sources,par Abdellah Al-thaparro Al-Faransî, Paris, décembre 2010. (En arabe et français).


Murâ't Al-khilâf :

Considérer la divergence et la preuve du savant qui est divergent avec notre avis principal:par exemple l'imâm Mâlik a utilisé l'argument de ceux qui divergent avec son opinion concernant le statut du mariage dit Chighâr et qui considèrent que ce type de mariage est non nul, pour dire que l'héritage demeure entre les deux personnes (s'il l'un des deux meurt), bien que ce mariage est nul.


Présence géographique de l’école malikite

La plupart des disciples de l’Imâm Mâlik sont partis en Afrique du nord et en Espagne. L'école malikite s’est répandue en Andalousie, au Maghreb, en Afrique subsaharienne, aux Emirats,au Koweït, à Bahreïn, au Soudan, et au Khurâsân.
Attention : cette présence historique ne veut pas dire que les principes de l’école y sont appliqués. Car sur le terrain actuellement, l’idéologie salafite-wahhabite est prépondérante pour les raisons qu’on a développées dans notre rubrique des anti-doctrinaux.


Notes de bas de page:

[1] Voir Ad-dâramî (1/29) et « jam‘a al-jawâmi‘ » de l’Imam As-suyûtî (4641) : c’est parmi les trois choses que Dieu a promis à Son Messager Sidna Muhammad (paix et salut sur lui) : que sa communauté n’aura pas de consensus sur le faux. Ce Hadîth a été rapporté également par At-tabarani avec une chaîne authentique remontant à Abdellah Ibn Omar, ainsi que Al-haythamî dans "Majma' az-zawâid".

Le consensus considéré ici est celui des savants Mujtahid du Fiqh.
[2] En absence d’un texte explicite et ferme dans les sources authentiques (Coran et Sunna), on fait recours à l'Ijtihâd : il n’y a pas d’ «Ijtihâd » en présence du texte traditionnel « nass ».



Doctrine-malikite.fr

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L'islam et la vie spirituelle : le soufisme

le soufismeRoger Garaudy, né le 17 juillet 1913 à Marseille en France, est un écrivain et philosophe. Roger Garaudy s'est converti à l'islam après une longue évolution qu'il qualifie de "naturelle", comme l'est ici sa référence à la notion du "doute" qui tient au fait des origines de sa pensée. Sa très longue expérience, sa participation aux plus grands débats philosophiques et politiques de ce siècle, font de lui un philosophe de référence dans la compréhension du monde occidental.Auteur de beaucoup de livres : Grandeur et décadence de l’islam, les promesses de l’islam, islam et occident.L'islam vivant. Éditions, La Maison des Livres, Alger,1986.

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Comment se convertir dans la réligion islamique

La conversion à l'islam est l'adoption des croyances et des rites musulmans. Elle s'effectue par la récitation - qui doit être sincère - de la profession de foi musulmane appelée chahada.

Celle-ci se résume en arabe par « Achḥadou an lâ illâḥa illa-llâḥ, wa-achḥadou anna Mouḥammadan rassoûlou-llâḥ »1, signifiant : « J'atteste qu'il n'y a pas de divinité excepté Dieu, et j'atteste que Mahomet est le Messager de Dieu ». La présence de deux témoins musulmans n'est requise que pour des raisons probatoires. Outre l'attestation de foi, le nouveau musulman doit se conformer aux quatre autres piliers de l'islam :

• prier selon l'Islam (salat);

• verser l'aumône (zakat);

• jeûner lors du mois de ramadan;

• aller en pèlerinage à La Mecque (Hajj) au moins une fois dans la vie s'il le peut;

ainsi qu'accepter les autres préceptes de l'islam2. La conversion forcée est nulle et de nulle effet. Elle doit constituer un acte libre et volontaire3. L'islam n'opère pas de distinction entre le musulman converti et le musulman de naissance.

Les statistiques concernant le nombre de conversions à l'islam et d'apostasie de l'islam sont rares4. Toutefois, elles suggèrent que cette religion connaît en gros autant d'arrivées que de départs4.

En raisonnant à partir de l'exemple d'Abraham qui s'est circoncis, lui-même, à l'âge de sa vieillesse, les docteurs de l'islam considèrent très majoritairement que la circoncision est obligatoire à tout âge, pour l'enfant né musulman comme pour l'adulte se convertissant à l'islam5. 

Dans les pays musulmans, un certificat de conversion peut être exigé pour pouvoir se marier avec un musulman ou une musulmane ou encore pénétrer en Arabie aux fins de pèlerinage et/ou de visite pieuse à La Mecque et à Médine 6.

 

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Qu'est-ce que la Sounnah ( Tradition Prophétique ) ?

texte 1À l'origine, le mot arabe sounnah signifie Chemin, direction ou voie. Dans le contexte de l'Islam, le terme désigne les paroles et actes du prophète Mouhammad(1). Ce terme n'est pas le fruit du hasard puisque la voie tracée par le prophète(1) est celle que tout musulman doit suivre, elle est la droite voie! Le prophète Mouhammad (1) est perçu par les musulmans comme le meilleur modèle à suivre afin d'adorer Dieu au mieux. La collecte, la classification, la vérification et la publication de la Sounnah sont de véritables sciences (voir à ce propos le document sur la science du hadith). La sounnah est donc une source indispensable pour qui désire accroître, perfectionner sa foi et obéir à Dieu comme il se doit. Le Coran, livre révélé par Dieu au prophète(1), est la parole de Dieu. Il souligne qu'il n'est pas le seul texte à être issu de Dieu. Le prophète a lui-même des propos et un comportement inspirés par Dieu, comme le souligne ce verset :

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