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Actualité

Les sermons Seydina Limamou LAHI Al Mahdi (PSL)

 Seydina Limamou LAHI Al Mahdi (PSL)    Seydina Issa LAHI(PSL)
Sermon 1
Sermon 2
Sermon 3
Sermon 4
Sermon 5
Sermon 6
Sermon 1
Sermon 2


Cette partie comprend six sermons de Seydina Limamou Laye et deux de son fils Seydina Issa Rohou Laye (bénédiction de Dieu et paix sur eux).
Nous avons classé les sermons de Seydina Limamou par ordre de longueur décroîsasnte. Nous ne savons pas à quelle date chacun d'eux a été prononcé ni comment ils se suivent dans le temps. Les deux premiers bien connus figurent dans tous les recueils que possèdent les adeptes de Seydina Limamou. Par contre le sixième est peu connu et même rarissime. El Hadji Sakhir Gaye a reçu de son père. le texte de ce sermon lorsqu'il fut nommé Moukhadam par Seydina Madione. On comprend sa rareté lorsqu'on sait qu'il était uniquement destiné aux Moukhadam de Seydina Limamou, c'est-à-dire à ses proches lieutenants.
Seydina Limamou n'a jamais cessé de prêcher depuis le jour où il a lancé son appel se déclarant Envoyé de Dieu jusqu'à ses derniers jours, c'est-à-dire durant 25 ans (1884-1909). C'est dire qu'on aurait un volumineux recueil si on avait cherché à rassembler tous ses discours religieux. Mais à notre connaissance, il n'a laissé par écrit que ces six sermons, qui ont été rédigés en arabe par son savant disciple Tafsir Abcloulaye Gaye. Seydina Limamou n'a prêché que dans sa langue maternelle.., le wolof. Treinze jours avant sa mort, il a tenu à réentendre devant ses fidèles réunis, la lecture et la traduction de ses sermons comme s'il voulait, avant de quitter ce bas monde, s'assurer que ses sermons étaient bien rédigés et bien conservés.
Nous en donnons dans les pages qui suivent une traduction française, en implorant le pardon de Dieu et de son éminent Envoyé, pour les imperfections involontaires que peut comporter notre traduction.
Le texte arabe des sermons de Seydina Limamou et de Seydina Issa a été déposé au département d'Islamologie de I'IFAN (Université de Dakar).

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L'appel du Saint Maître Seydina Limamou LAHI (PSL), était attendu par tous les musulmans du monde

L'appel du Saint Maître Seydina LimL'appel du Saint Maître Seydina Limamou LAHI (PSL), était attendu par tous les musulmans du monde car annoncé par des hadith authentiques du Prophète Mohamed (PSL). Ainsi des hommes venus de partout, ont répondu à cet appel. Parmi ceux-ci certains sont d'une notoriété remarquable, des exégètes, du Coran qui deviendront ses compagnons.

Ces derniers ont été attirés par sa droiture morale, sa générosité, les miracles qu'il réalisait, bref ses qualités morales et spirituelles.

Ainsi ses proches ont été les premiers à adhérer à sa doctrine telle que la Sainte Fatima MBENGUE qui fut la première personne à faire acte d'allégeance. Par la suite, des parents lébous et autres vinrent de partout ; Comme au Walo où des villages entièrs se sont déplacés laissant derrière eux champs, troupeaux, richesses pour s'installer auprès du Saint Maître. Ceci a été à l'origine de la création des villages de Cambérène, Yeumbeul, Malika.

Nous avons choisi quelques uns de ses compagnons pour en faire une présentation afin que la mémoire collective puisse à jamais conserver leur image. 

La liste est loin d'être exhaustive, Cheikh Modou MBOUP, Cheikh Doune Pathé NDOYE, nous donnent une idée dans leurs ouvres.

THIERNO ABABACAR SYLLA :

Né en 1827 à Dakar, il est le fils de Matar SYLLA et de Aïssatou NDOYE. Il a fait ses études coraniques dans un village appelé Kounja. Très jeune, alors qu'il n'était âgé que de 7 ans, il eut une vision qui lui révéla plus tard l'identité du Mahdi.

Il étudia également à Mbao les Sciences islamiques auprès de son oncle.

En 1861, alors qu'il était âgé de 34 ans, il fut nommé Imam et Juge au tribunal musulman de Dakar.

En 1876, il rencontra Seydina Limamou et se lia d'amitié avec lui.

Sept ans après cette rencontre, Seydina Limamou (PSL), lança son appel et deux moi plus tard, un vendredi, jour de korité, il déclara à ses condisciples : « Dieu m'a fait savoir que le Mahdi que nous attendions est apparu, et quiconque se hâte de répondre à son appel aura des faveurs à l'au-delà ».

C'est ainsi qu'accompagné de Matar NDOYE Junior, Matar NDOYE Senior, Ousseynou Paye, Baye Abdoulaye SYLLA il se rendit à yoff et fit son acte d'allégeance à Seydina Limamou (PSL). Ce dernier avait l'habitude de chantonner, faisant allusion de ce qui sera plus tard cet acte allégeance : « Ababacar qui avait confirmé ma première mission, vient la confirmer de nouveau ».

Evidemment devant l'hostilité de certains notables lébou, il démissionna de ses fonctions de Juge et d'Imam de la Grande Mosquée de Dakar. Mais il leur déclara : « Je préfère les honneurs de l'au-delà à ceux d'ici-bas », il ajouta : « Chacun de vous a un ami parmi les blancs (les mécréants) et vous me refusez l'honneur d'en avoir surtout un homme de Dieu.Allez donc avec vos amis, je vais rejoindre le mien »

Des similitudes existent entre lui et Ababacar SEDIKH qui fut le premier notable à croire en la mission du prophète Mohamed (PSL) ; il fut aussi le beau-père de ce dernier. Tout comme Ababacar SYLLA qui donna la main de sa fille Touti SYLLA à Seydina Limamou LAHI (PSL). Il resta fidèle au Saint Maître toute sa vie durant et mourut en 1902.

TAFSIR NDICKE WADE :

Il est le fils de Massamba Fa Mbaye WADE et de Massal Yatara MBAYE. Il était l'un des Saints les plus respectés de son époque. Il a assuré la formation de plusieurs savants connus dans ce pays et de toute part.

Les gens venaient le consulter sur des questions religieuses. En venant répondre à l'appel du Saint Maître, plusieurs parmi ses disciples l'ont suivi. Le sage Libasse MBOUP, décédé en 1987, révèle que c'est grâce aux prédictions de Tafsir NDICKE que son père Birame Sall MBOUP est venu répondre Seydina Limamou LAYE (PSL) 7 ans avant qu'il ne lançât son appel. Il mourut en 1906. Seydina Issa Rohou LAYE (PSL) recommande de faire la ziarra à son mausolée pour recueillir des bienfaits.

 

TAFSIR ABDOULAYE DIALLO :

Il est né en 1841. Il fut un exégète du Coran très réputé. Il exerçait également les fonctions d'interprète dans l'administration coloniale française. Il fut arrêté à Gorée en 1887, pendant trois mois, en même temps que Seydina Limamou LAHI. Il épousa la fille aînée du Saint Maître, Mame Manatou LAYE étant comme fils de Tafsi Babacar DIALLO.

Il est rappelé à Dieu en 1914 et enterré à Dakar aux cimetières de Soumbédioune.

BAYE MAMOUR DIAKHATE :

Il est né vers 1870. Il est le fils de Mamadou DIAKHATE et de Aminata CISSE. Il est originaire de Kaolack à Jamal dans la région de Thiès. Il est venu à Ngakham à l'âge de 7 ans. Il rejoignit Seydina Limamou LAHI (PSL) à l'âge de 18 ans, mais contrairement à ses autres compagnons qui restaient avec lui, Seydina Limamou recommande d'aller rester à Ngakham car c'est lui qui devrait accueillir et héberger Seydina Issa Rohou LAHI (PSL). Ce dernier passa trois ans chez lui à Ngakham de 1906 à 1909. Seydina Limamou lui avait dit auparavant : « Considère Issa comme ton frère, car vous êtes comme Arouna et Moussa » Il avait fait de Ngakham durant sa vie un pôle d'attraction où tous les habitants des villages environnants venaient étudier le Coran et les Sciences Islamiques.

Il est rappelé à Dieu en 1971 et repose à Ngakham. Chaque année, des centaines de pèlerins se rendent en pèlerinage à Ngakham car étant l'un des lieux sacrés de la communauté Layène.

TAFSIR IBRAHIMA MBENGUE :

Il naquit en 1846 à Rufisque. Il est le fils de Gane MBENGUE et de Tabena SECK. Il étudia à Yoff auprès de Tafsir Ndiaga GUEYE.

Il raconta que lorsqu'il était âgé de 15 ans, son marabout l'envoya aux champs pour chasser les oiseaux qui pillaient les champs. De retour des champs, il assista à un phénomène extraordinaire : il aperçut quatre anges qui descendirent du ciel et attrapèrent Seydina Limamou LAHI qui était âgé de 18 ans environ. Les autres camarades s'enfuient mais lui resta sur place sans pouvoir bouger, les anges ouvrirent la poitrine de Limamou, pour y mettre quelque chose et puis la refermèrent. Devenu adulte, lorsque Seydina Limamou lança son Appel, il fut parmi les premiers à croire à sa mission Prophétique et à défendre sa doctrine.

Il animait les soirées religieuses layène et faisait beaucoup de témoignages sur Seydina Limamou LAHI (PSL). Limamou lui avait prédit que le jour de ses funérailles, il y'aura tellement de monde qu'il serait transporté par-dessus des têtes. Il est décédé en 1951 à Rufisque où il fut enterré.

 

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"LE MAHDI ATTENDU DESCENDRA PARMI VOUS SEYDINA LIMAMOULAHI FONDATEUR DE LA CONFRERIE

Il n'existe pas de photo de Seydina Limamou. Selon le témoignage unanime de ses compagnons, il était impossible de fixer son image sur une plaque photographique. Plusieurs tentatives de le photographier ont échoué. Le Pr. Assane Sylla a fouillé en vain la photothèque des archives nationales françaises à Paris (section outre-mer) où sont conservées des photos très anciennes.

Limamou Thiaw fils de Alassane Thiaw et de Coumba Ndoye naquit à Yoff en l'an 1261 de l'hégire (1843), au beau milieu d'un paganisme triomphant qui déployait ses activités sous le regard impuissant d'un islam superficiellement assumé.

Le nom prédestiné que son père lui donna (Limamou = AI imam = le guide) lui vint du marabout Toucouleur Mouhamadou Bâ dit Limamou d'Ouro-Mahdi (village du Fouta, région Nord du Sénégal) (Il s'appelait plus précisément Ahmadou Hamet Bâ. Il est le père de Ahmadou Cheikhou, héros de la guerre sainte, qui mourut au cours de la bataille de Samba Sadio, le 11 Février 1875). Selon certains témoignages parmi lesquels celui de Cheikh Abdoulaye Sylla, des Lébou, de la Presqu'île du Cap-Vert s'étaient rendus à Ouro-Mahdi, auprès de l'éminent Saint. Celui-ci aurait dit à ces visiteurs parmi lesquels se trouvait le père de Limamou : "le Mahdi attendu descendra parmi vous, son nom est Limamou, donnez ce nom aux garçons qui naîtront dans vos foyers...". Finalement, sur quatorze garçons qui portèrent ce nom seul Limamou Thiaw vécut jusqu'à l'âge adulte.

Son enfance se déroula sans incident majeur, cependant il ne manqua guère d'attirer l'attention de son entourage par son comportement sociable, sa promptitude à rendre service, ses qualités morales, sa piété, son amour de la propreté, son sens de l'hospitalité.

Quelques faits miraculeux sont relatés par d'anciens compagnons de Limamou. Le célèbre Saint homme de Rufisque, Tafsir Ibrahima Mbengue raconta, plus d'une fois, publiquement, sous serment devant Dieu, que durant leur enfance lui et Limamou furent surpris, en brousse par des anges qui le retinrent immobile, et étendirent Limamou par terre. Ils lui déchirèrent la poitrine, y firent quelques interventions, avant de refermer la plaie et de les libérer tous les deux.

Limamou lui demanda après, de garder secret ce qu'il venait de voir. C'est ce qu'il fit jusqu'après le rappel à Dieu de Limamou.

Dés qu'il fut en âge de gagner sa vie, il orienta ses activités vers la pêche et l'agriculture comme tous les adolescents de son milieu. La saison des pluies les fixait au village, dans les travaux champêtres, tandis qu'en saison sèche, il leur arrivait souvent d'aller vers d'autres rivages où le poisson mordait mieux à Saint Louis, à Banjul (Gambie)... ). Il ne fréquenta aucune école et demeura illettré.

Rien de visible ne permettait, en dehors des qualités morales susmentionnées, de prévoir l'événement qui mûrissait en lui et qui allait éclater à Yoff comme un tonnerre dans un ciel serein.

 

Cependant quelques signes, ou événements avant-coureurs intervenaient de temps à autre comme par exemple les faits suivants relatés par Thierno Sarr compagnon de pêche de Limamou. Nous étions dit-il à Banjul (capitale de la Gambie) où la pêche nous avait retenus. Un jour que nous nous reposions après le travail, une vieille personne du nom de Kéba Mansali, s'approcha du groupe de mes compagnons et dit qu'il sollicitait une aide pour fendre du bois. Limamou s'offrit et ils s'éloignèrent. Il laissa Limamou marcher devant lui. Arrivé chez lui, il présenta à Limamou un plat bien garni et lui dit : " mange, voici le travail que je voulais faire accomplir, j'ai découvert celui que je cherchais", il ajouta: "je voyais chaque nuit une lumière pointer au-dessus de la case où vous dormez, toi et tes compagnons. Cette lumière vous accompagnait en mer, et je viens de la voir avec toi, lorsque je t'ai laissé marcher devant moi. Sache Limamou que Dieu va te charger d'une mission prophétique, dans le prolongement de celle de Mohammad (P.S.L), tu agiteras le monde". Limamou ému ne put manger. De retour auprès de nous, Limamou me dit: "Thierno, va chez Kéba Mansali, tu y trouveras le bois à fendre". A mon arrivée, le vieux mystique me présenta le même plat d'aliments succulents. J'eus deux bouchées lors qu'il me dit: " Sache que Dieu chargera Limamou d'une mission prophétique d'ici un mois et dix jours ... "Emu à mon tour, je ne pus continuer de manger. Ainsi lorsque nous rentrâmes à Yoff, j'attendis le moment indiqué..."

Limamou venait d'atteindre ses quarante ans. Il perdit sa Sainte mère, une éminente servante de Dieu, dont la générosité et la piété étaient bien connues. Deuil cruel qui le frappa le 27 du mois lunaire Rajab. Après trois jours de mutisme et d'isolement, que l'entourage attribua au bouleversement qu'il venait de subir, Limamou sortit ce dimanche matin ler Châbân 1301 (24 Mai 1883), superbement drapé de trois pagnes blancs: l'un autour de la taille, l'autre sur les épaules, le troisième lui servant de turban. Il venait de tenir ce discours à la soeur de son père Adama Thiaw : "ô ma tante, recouvre-moi, de deux couvertures blanches et sache que Dieu t'a donné un fils qu'il n'a jamais donné à personne au monde ", à sa cousine Ndiaye Diaw, il avait dit: "recouvre-moi de deux couvertures neuves et sache que Dieu t'a donné un cousin qu'il n'a jamais donné à personne au monde ".

A ses deux épouses, il avait tenu un langage similaire, en ces termes : " ô toi chaste Fatima, et toi la vertueuse Farma, soyez patientes. Dieu vous a donné un mari qu'il n'a jamais donné aux autres femmes. Je vous fais savoir que votre ancien compagnon Limamou est différent de celui-ci, car Dieu a fait ce qu'il a voulu. Par sa volonté, Il m'a placé au-dessus des créatures. Il m'a chargé d'appeler (les hommes et les djinns) pour les guider vers Lui.

Enveloppé dans ses pagnes, il déambula sur les collines, dans les ruelles et places publiques, tel un pèlerin arpentant la distance de La Mecque à Arafat, appelant à haute voix ses concitoyens, en une langue Wolof teinté d'un accent Lébou : "Répondez à l'appel de Dieu, venez à moi, je suis le messager de Dieu, je suis le Mahdi qu'on attendait .... ", et il ne cessa plus de glorifier nuit et jour, publiquement et en privé, le Créateur Suprême prononçant constamment ses noms et attributs.

Surprise et consternation l'accueillirent partout comme le chantera le poète Libasse Niang :

"Je suis l'Envoyé de Dieu, s'écria-t-il à Yoff L'Appel lancé,tous en furent consternés".

 

Ce changement subit de comportement, d'aspect et de langage, de cet homme, qui auparavant jouissait de l'estime de tous était bien de nature à bouleverser les esprits. Ce fut un spectacle insolite, suivi par un attroupement de curieux, qui grossissait à mesure que la nouvelle se répandait dans le village et à travers le pays. On l'écoutait, on le dévisageait, partagé entre le rire et la pitié.

C'est sûrement un possédé, un malade sous l'emprise d'une sanction punitive infligée par les Rab, disaient les uns, tandis que d'autres penchaient plutôt vers l'approbation de ses paroles qui, bien que, amères et critiques à l'égard de certaines moeurs, n'en étaient pas moins sensées. Lui, sérieux et imperturbable, continuait sa prestation, passant du discours à la démonstration pratique: regardez, disait-il, comment on prie, et le voilà qui mimait avec précisions les gestes rituels de la prière islamique. Par moments, terrassé par la puissante inspiration qui bouillonnait en lui, il demeurait quelques instants dans l'agitation et l'extase.

Sa voix se faisait insistante et pathétique :"ô mes frères, ô mes soeurs ne vous éloignez pas de moi, je suis pour vous une aubaine que Dieu vous offre, suivez mes conseils, respectez les commandements de Dieu, imitez le comportement et les actes du modèle que je suis. Dieu a mis en moi l'âme de Muhammad. Que la coloration noire de ma peau ne vous induise point en erreur. Ma peau blanche, d'hier, à La Mecque, a noirci aujourd'hui.

Cela n'est point un prodige au-dessus de la puissance de Dieu. Il vous arrive vous-mêmes de teindre vos habits blancs en noirs.,.."

Aux discours de ce genre s'ajoutaient des injonctions à la droiture morale, à la solidarité par l'amour et l'entraide.

Les réactions fusèrent de partout. Tout d'abord ses proches parents furent sommés, par l'entourage, de soigner Limamou, considéré comme étant un malade qui mérite d'être entouré de soins. Naturellement, on pensa faire appel aux compétences des guérisseurs détenteurs d'autel de Rab, pour guérir celui qui précisément avait la mission de détruire ce culte païen et tout ce qui d'une manière ou d'une autre pouvait éloigner les hommes de l'adoration saine du Dieu unique.

Seul Dieu peut me guérir, Lui seul sait ce qui est, en moi, je prends appui sur Lui, Il me suffit, répliqua Limamou, à son oncle qui se présenta à lui pour le persuader d'accepter des soins. Et Limamou de lui raconter mot à mot ce que ses compagnons de groupe d'âge lui avaient dit, en privé, sur lui. Ebahi son oncle n'en crut pas ses oreilles et dû renoncer.

Pour mettre fin à ses supplications Limamou lui avait dit : " Si tu veux me connaître, prépare une provision de voyage et va à La Mecque. En ce lieu, tu diras aux érudits: j'ai un neveu âgé de quarante ans, à l'extrême occident, il se dit messager de Dieu... ".

Limamou continua donc de prêcher.Une première satisfaction baigna son coeur meurtri par la vague de contestation : des membres de sa famille adhérèrent à sa doctrine.

Momar Bineta Samb fut le premier disciple de Seydina Limamou. Dés qu'il lança son appel, du haut d'un monticule de sable, il alla à sa rencontre et veilla à protéger le Saint Maître. Il s'implanta devant la porte de la chambre où Limamou demeura quelques jours, avant de circuler parmi ses concitoyens.

Nul n'osait s'approcher de lui, avec des intentions malveillantes car Momar Bineta était un gaillard bien bâti que personne n'osait affronter.

Ce fut le tour de Thierno Sarr Thiome qui, pour aller répondre à l'Appel du Saint Maître et se ranger à ses côtés, fut obligé de déjouer la vigilance de ses proches parents qui s'opposaient fermement à ce projet. Il feignit de voyager vers Ngor. Mais dés qu'il sortit du village, il prit un chemin détourné et alla vers Limamou. Momar Bineta le laissa entrer, et Limamou lui dit aussitôt : "Thierno tu es venu, certes Dieu n'a pas manqué à sa promesse ". Thierno Sarr lui offrit un superbe boubou que Limamou accepta. Il enleva les pagnes blancs qui l'enveloppaient, porta le boubou et dit à Thierno Sarr : "Tu es la personne, qui, le premier me fait porter un vêtement après mon Appel, je te ferais porter ce que nulle personne ne possédera ".

Thierno Sarr Thiome qui guettait le moment où devait intervenir l'Appel, depuis qu'il fut averti par le vieux Kéba Mansali, avait passé la nuit précédant le jour de l'Appel, assis dans la cour de sa maison.

Et selon son fils le vieux sage Gothé Biti, (ancien compagnon d'arme du président Léopold Sédar Senghor) Dieu lui a permis de voir les quatre anges qui sont descendus cette nuit sont rentrés chez Limamou, l'ont conduit au bord de la mer pour lui transmettre l'ordre divin de lancer l'Appel....

 

D'autres savants en islamologie, de grande réputation s'étaient soumis à l'homme illettré, parmi eux :

- Tafsir Ndialanda Gueye de Rufisque, il fût Imam de Rufisque

- Tafsir Abdou Gaye, éminent grammairien et exégète du Coran, qui deviendra le secrétaire de Limamou, rédigeant en arabe ses sermons et sa correspondance qu'il exprimait en langue Wolof.

- Cheikh Matar Lô, auteur d'un ouvrage rédigé en arabe sur la vie et l'oeuvre de Seydina Limamou (La traduction française de cet ouvrage se trouve dans le bulletin de l'IFAN, n° 3 série B de Juillet 1972, et dans l'ouvrage Le Mahdi Seydina Mouhamadou Limamou Lahi... du Professeur Assane Sylla).

- Tafsir Abdoulaye Diallo, exégète du Coran, qui exerça les fonctions d'interprète dans l'administration coloniale française. Il sera arrêté et interné à l'île de Gorée, en même temps que Seydina Limamou.

- Tafsir Djibril Gaye, exégète du Coran père de l'Imam Sakhir Gaye grand érudit... (On trouve une longue liste d'autres personnalités converties à la doctrine de Limamou dans l'ouvrage de Cheikh Mamadou Mboup intitulé le Diwan des laines, (texte en arabe, déposé au Département de l'islam de l'IFAN))

A mesure que les conversions se multipliaient, accélérées par la réputation d'homme d'une grande sainteté de Limamou, des réactions franchement hostiles surgissaient de partout. Ses beaux-parents lui arrachèrent ses deux épouses Faty Mbengue et Farma Diop.

La première brisa toutes les contraintes que ses parents lui imposèrent et rejoignit son foyer.

Le succès grandissant de Limamou ne pouvait laisser indifférents les maîtres et maîtresses du culte des Rab. Non seulement il condamnait les pratiques de ce culte, mais encore, des malades qu'ils ne parvenaient pas à soigner avec succès, guérissaient lorsque Limamou leur imposait ses saintes mains. Informés de ces faits, les Français diront dans leurs correspondances qu'il était doué de magnétisme (Lettre du 4 Septembre 1887, adressé par Cléret au Directeur de l'intérieur.).

En plus de la guérison des malades, Limamou chassait les démons qui subjuguaient les possédés. Selon Cheikh Mahtar Lô, on entendait les démons s'éloigner en déclinant leur identité.

L'inquiétude grandissait chez les officiants du culte des Rab, puisqu'on constata que Limamou ne se contentait pas de combattre par la parole et par sa puissance spirituelle ce culte et ses serviteurs. Il alla plus loin, en faisant agir ses adeptes, qui détruisirent la "pierre fétiche" de Mpal (Mpal est un village situé dans le Nord du Sénégal à 200 Km environ de Dakar). Cette pierre fétiche s'appelait Mame Kantar) objet d'un culte païen. Sa destruction est mentionnée par le Français qui était directeur des affaires politiques à Saint Louis dans une correspondance adressée le 21 Juillet 1890 à l'Administrateur principal des Cercles de Dakar et Thiès. Il dit en substance : "Limamou, marabout de Yoff, a dans Cercle de Saint Louis, un certain nombre de partisans qui font parler d'eux. Récemment ils enlevaient, la pierre fétiche de Mpal au grand émoi de la population...".

En peu de temps, Yoff connut une grande affluence d'hommes, de femmes, d'enfants, attirés, les uns par la curiosité, les autres par la piété. Chacun voulait voir, entendre approcher le Saint Maître. Peu nombreux sont ceux parmi eux qui rentraient chez eux, les autres décidaient de rester auprès de lui. Sa maison devin étroite pour contenir ces hommes et femmes épris de Dieu.

L'étroitesse des lieux se fit sentir avec acuité, lorsqu'une nuit les vagues furieuses de la mer, propulsées par une marée haute pénétrèrent brusquement dans les chambres, inondant toute la maison.

Les plaintes de ses hôtes furent entendues, puisque le lendemain Limamou se rendit au bord de la mer, accompagné de plusieurs adeptes. Il traça une ligne sur la plage y fit planter des bouts de branches d'arbres, puis s'adressant à la mer, il lui intima l'ordre de ne plus franchir cette barrière. A ses adeptes émerveillés, il dit: "La mer ne me désobéira pas, car elle me connaît, elle connaît mon grade auprès de Dieu; d'ailleurs elle n'était entrée dans la maison que pour en nettoyer les souillures... ".

Occasion ne fut pas plus belle pour les contestataires, de trouver dans ce dialogue avec l'océan, une preuve supplémentaire de la folie de Limamou. Par contre, pour ses adeptes qui venaient de gagner sur la nier, un nouvel espace habitable, ce fut plutôt un regain de confiance et de foi.

L'effervescence gagnait donc les esprits, chauffés d'un côté par un potentiel de sympathie pour le Prophète, et de l'autre, par l'intensité de l'hostilité à son égard. Cela ne pouvait laisser indifférents les colons français, qui vont intervenir intempestivement, d'abord par inquiétude pour la présence française, ensuite parce que des personnalités Lébous ont réussi à dresser la puissance française contre Limamou, pour satisfaire leurs propres ambitions. L'un d'eux sera nommément cité par les Français dans leurs correspondances.

 

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L'AVENEMENT DU MAHDI LES PREMIERS MISSIONNAIRES CHRETIENS QUI ARRIVERENT SUR LA PRESQU'ILE

CONTEXTE HISTORIQUE DE L'AVENEMENT DU MAHDI

Yoff, paisible village de pêcheurs, situé à douze kilomètres de Dakar, sur la côte Nord de la presqu'île du Cap-Vert, avait rien de particulier par rapport aux autres bourgades, sinon qu'il pouvait s'honorer d'être l'une des plus anciennes agglomérations créées par des migrants venus du Djolof. C'est au milieu du XVIe siècle que ces ancêtres des lébous quittèrent cette région Nord-est du Sénégal, descendirent vers le Sud -Ouest et s'établirent d'abord dans le Djander à l'entrée du Cap-Vert. D'autres vagues de migrants suivirent, au fil des siècles, nourries par des vagues successives de réfugiés. Partis de chez eux pour des raisons diverses entre autres les tensions politiques et l'insécurité, ils vinrent finalement de toutes les régions du Sénégal.

Au départ ils formaient des groupes épars sans liens organiques. Avec l'augmentation rapide de leur nombre, toutes les couches de la population du Sénégal et presque toues, les ethnies furent représentées dans ces peuples, bien que les Lébous y furent largement majoritaires. Des villages naquirent le long des côtes.

S'adonnant à la pêche et l'agriculture, ils jouissaient d'une certaine prospérité économique, d'autant que des caravanes qui venaient chercher chez eux du poisson sec, du sel ... leur apportaient les produits qui leur manquaient.

En plus, des marchandises européennes leur parvenaient régulièrement par les bateaux qui longeaient la côte occidentale de l'Afrique.

Périodiquement agressés par les soldats du Damel, roi du Cayor, ils durent s'organiser pour résister. Quelques batailles qui tournèrent à leurs avantages les rendirent indépendants du Damel qui cherchait à étendre son autorité sur eux. C'est ainsi que naquit en 1790 la République des Lébou de la presqu'île du Cap-Vert.

Comme tous les autres villages du Cap-Vert, Yoff prit son destin en main, organisa ses activités économiques, politiques, sociales et administratives sous la conduite de responsables élus par le peuple, appelés: Djaraf, Ndeye-ji-rêw, saltigué...

Si chacun des villages jouissait ainsi d'une autonomie locale lui permettant de régenter ses affaires, les élus de la plus grande agglomération, firent assez rapidement figures de chefs qui coiffaient toute la collectivité, avec un président de la république (Serigne Ndakarou) assisté de ses ministres (Djaraf, Saltigué, Imam, Ndeye-ji-fré). À leurs côtés siégeaient deux autres grands dignitaires, (détenteurs de pouvoirs politico administratifs) qui limitaient ceux du président; ce sont le Ndeye-ji-rêw, sorte de Premier ministre et le Ndèye Jambour président de l'Assemblée Nationale des vieux sages, tous deux directement élus par le peuple

Les Lébous vécurent ainsi, jouissant d'une pleine autonomie dans la gestion de leurs affaires et de leur territoire, maîtres de leur destin pendant plus d'un demi-siècle (1790-1857), période riche de tensions internes et externes qui mirent en évidence l'héroïsme et la capacité des Lébous à se gouverner. Ils durent s'organiser pour mettre en échec les velléités annexionnistes des Damels du Cayor (fermeture de l'entrée de la Presqu'île par la construction d'un mur formé de blocs de pierre), puis d'un autre mur, au-delà du premier pour protéger leurs champs.

Ils entretenaient des relations suivies, ponctuées de crises avec les français établis à l'île de Gorée, située à 3 Km de la côte Sud de la Presqu'île. C'est d'ailleurs la volonté de résoudre ces crises qui les conduisirent à signer avec eux les traités du 10 Octobre 1826 et du 22 Avril 1830 qui fixa entre choses les redevances que devaient payer les bateaux qui accostaient à Dakar. Claude Faure ancien archiviste du gouvernement général de l'Afrique Occidentale Française, écrit à ce propos:   « Pendant quarante ans les relations entre Gorée et la presqu'île du Cap-Vert furent celles qui existent entre deux puissances étrangères » . Évidemment, durant toute cette période, les Français mûrissaient le projet d'envahir la presqu'île. C'est le 25 Mai 1857 que le commandant Protêt débarqua à Dakar avec les marins de la Jeanne d'arc pour occuper la presqu'île. Ce jour, les lébous qui étaient occupés à fêter la fin du mois de ramadan(carême musulman), crurent que les Français, qu'ils considéraient comme des amis, étaient venus leur souhaiter une bonne fête.

Ils n'eurent donc aucune réaction. C'est plusieurs jours après qu'ils s'aperçurent qu'ils venaient de perdre leur souveraineté, lorsque les Français refusèrent de payer les redevances fixées d'un commun accord dans les traités précités.

Les Lébous vécurent par la suite sous l'autorité française, en citoyens qui se feront enrôler pour faire la guerre en Europe et ailleurs dans les rangs des soldats français, et qui aussi enverront au Parlement un premier député en 1914 (Blaise Diagne) et d'autres par la suite. Malgré tout, les Lébou ont conservé l'essentiel de leurs traditions, continuant à élire les membres de l'ancien gouvernement qui jusqu'à nos jours leur patrimoine particulier et les représentant auprès de l'Etat sénégalais.

Dès la naissance de la république Lébou en 1790, l'Islam constitua une religion d'état omniprésente dans toutes les activités des lébous. Non seulement l'Imam, chef de culte musulman, qui jugeait ses concitoyens selon les lois islamiques, était un membre influent du gouvernement, mais encore le Président lui-même porte le titre de Serigne, c'est-à-dire de maître en islamologie.

Les premiers missionnaires chrétiens qui arrivèrent sur la Presqu'île ont mentionné l'attachement des Lébou à l'islam, et la grande tolérance qu'ils manifestèrent à leur égard. Monseigneur Benoît Truffet, écrivait le 30 novembre 1847, quelques mois après son arrivée à Dakar, dans une lettre adressée à l'archevêque du diocèse de Chambéry : "...Le Cap-Vert où Dieu a fait placer la première maison apostolique, est la contrée où l'islamisme a des adeptes les plus vigoureux et les plus sincères en général. Il y a cinquante ans, elle se sépara violemment du royaume du Cayor, parce que le Roi du Cayor était quelque peu indifférent aux pratiques d'Alcoran. Et depuis la Presqu'île du Cap-Vert a formé un royaume théocratique et indépendant qui a pour capitale ndakaarou où je réside actuellement. C'est la République ou le royaume des marabouts, le Roi et tous les chefs sont marabouts, tous les pères de familles influents sont marabouts. Ils passent la moitié de leur vie à lire l'Alcoran, à en réciter les prières et à en faire les cérémonies...

La droiture, la probité, le respect pour le mariage, la soumission des enfants aux parents, leur affection pour leur mère, l'hospitalité patriarcale des wolofs contrastent avec les moeurs des Européens. Le meurtre, le vol et la fraude sont des choses presque inouïes dans la Presqu'île du Cap-Vert...

En prêchant à ces hommes calmes et religieux, on n'a pas besoin de leur prouver que Dieu les a placés en ce monde pour sauver leur âme : tous vivent dans cette persuasion et leur fanatisme en est une conséquence.

Ces noirs nous aiment beaucoup parce qu'ils savent que nous prions..." (Le texte intégral de cette lettre se trouve aux pages 92, 93 et 94 de " Histoire de la Presqu'île du Cap-Vert et des origines de Dakar" par Claude Faure)

Ce missionnaire chrétien était sans doute en contact avec une élite cultivée et fortement attachée à une parfaite orthodoxie musulmane, car au niveau de la grande masse des Lébou musulmans régnait un syncrétisme religieux qui leur faisait assumer, à côté des, rites islamiques, les rites du culte des génies appelés Rab ou Tour. Jusque vers la fin du XIXe siècle, chaque famille Lébou, à peu d'exception prés, entretenait dans sa maison un autel consacré au génie protecteur de la famille depuis des générations, comme chaque village avait un génie titulaire auquel on rendait un culte public.

Certes, ce culte n'avait plus l'envergure d'une religion, les relations entre les Rab et leurs protégés étant réduits à des pratiques purement utilitaires : on s'attirait les bonnes grâces du Rab en lui faisant des offrandes périodiques (lait, boule de farine de céréale, sang d'une bête immolée, versés sur l'autel... ), et en échange le Rab fournissait aux devins des informations sur l'avenir, ou intervenait pour la guérison d'un malade, ou la prospérité d'une entreprise, ou pour que les pluies fussent abondantes. Certaines cérémonies revêtaient un aspect impressionnant pour tout spectateur, notamment les danses publiques et l'immolation d'une bête au cours d'une cérémonie du Ndeup, organisée pour obtenir du Rab la guérison d'un malade.

Mais loin d'être uniquement sécurisantes, les relations des Rab et des hommes, constituaient une sorte d'épée de Damoclès suspendue au-dessus de leurs têtes. En effet ceux qui plaçaient beaucoup d'espoir en la protection d'un Rab vivaient dans la hantise d'une répression déclenchée contre eux par le Rab. Il arrivait en effet que ce dernier qui n'aimait pas qu'on négligeât les offrandes et les actes d'allégeances qui lui sont dus infligeât une punition sévère aux fautifs.

Cet état d'esprit amenait d'ailleurs les individus à interpréter, les calamités naturelles, les maladies, la sécheresse, l'échec d'une entreprise, comme étant une manifestation du mécontentement du Rab de la famille ou de celui du village. Les devins consultés, disaient alors ce que réclame le Rab pour apaiser sa colère, et l'on se précipitait pour lui donner satisfaction.

Ces pratiques magiques s'adressant à une sorte de divinité capable d'intervenir en bien ou en mal dans les affaires des hommes, sont assez éloignées de l'orthodoxie musulmane.

Celle-ci exige qu'en toute circonstance, on n'adresse des prières qu'au Dieu unique détenteur exclusif du pouvoir de satisfaire nos besoins, rien ne pouvant se réaliser sans qu'il le veuille, ainsi Lui seul mérite qu'on Lui voue un culte.

Yoff était un centre actif du culte du Rab (génie) et des connaissances magiques; il entourait de soins, son Rab protecteur, du nom de Mame Ndiaré comme le faisait Dakar pour Leûk Dâwour, le village de Ngor pour Gorgui Bassé, Rufisque pour Mame Koumba Lambaye...

Ce n'est donc pas hasard si c'est à Yoff que va retentir l'appel du Saint Maître Seydina Limamou Laye, ce dimanche ler Châbân 1301 de l'hégire (Dimanche 24 Mai 1884) (Selon l'ordinateur que nous avons consulté c'est le 24 Mai 1884 qui correspond au ler Châbân de l'hégire 1301).

Se déclarant prophète, messager de Dieu, il conjura ses concitoyens et tous les hommes et même les djinns de répondre à l'appel de Dieu.

Il les invita à Lui vouer un culte pur et sincère, à ne placer leur espoir qu'en Lui, à pratiquer soigneusement les rites islamiques (ablutions, prières, l'aumône appelée zakat, justice sociale, invocation constante de Dieu, prière pour le Prophète Mohammad ... )

Contexte ne pouvait être plus défavorable à l'homme qui osa lancer un tel appel face à l'ampleur qu'avait prise le culte des Rab, à certains lettrés musulmans qui vont lui opposer une farouche contestation, à la division de la société Wolof en castes hiérarchisées et surtout, face à la réaction des colons français qui craignaient que la présence française ne fût combattue par Seydina Limamou.

On devine aisément la rudesse et l'ampleur des obstacles qui vont simultanément se dresser contre lui, et qu'il affrontera avec constance et confiance en Dieu, supportant avec courage et sérénité toutes sortes de souffrances physiques et morales, devenues son lot quotidien. Il n'était pas homme à flancher devant les épreuves qu'il savait inévitables.

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Fayda Tidjanniya, une évolution de la Tariqa Tidjanniya, annoncée annoncé par Cheikh Ahmad Tijâni (rta) avant sa mort.

La Fayda Tidjaniya

Au Nom d’Allah, Le Tout Miséricordieux, Le Très Miséricordieux

Prières et Bénédictions sur le Prophète Mouhammad (Saws) 

Notre évoquons dans notre article la  Fayda Tidjanniya, qui est une évolution de la Tariqa Tidjanniya, annoncée annoncé par le Cheikh Ahmad Tijâni (rta) avant sa mort. 

Le terme Fayda est d’origine arabe et signifie effusion. Dans la spiritualité, ce terme fait allusion à une surabondance spirituelle. La Faydatou Tidjane a été effectivement mentionné dans Al Ifâdatoul Ahmadiya de Seydi Taieb Sefiani (rta) où le Cheikh Ahmad Tidjani (qs) a dit : « Il va survenir à mes compagnons l’effusion (Fayda) jusqu’à ce que les gens entreront en masse successive dans notre Tariqa et cette effusion surviendra alors que les gens se trouveront dans les pires situations d’étroitesses et de difficultés. » Ce qui nous fait penser à la sourate du Coran 110 (Le Secours-An Nasr) : « Au Nom d’Allah, Le Tout Miséricordieux, Le Très Miséricordieux, Lorsque vient le secours d’Allah ainsi que la victoire, et que tu vois les gens entrer en foule dans la religion d’Allah, alors par la louange, célèbre la gloire de ton Seigneur et implore Son pardon. Car c’est Lui le grand Acceuillant au repentir. »

Le Cheikh Ahmad Tidjane avait décrit les signes par lesquelles ont devait reconnaitre le détenteur de la Fayda qui ferait partie de ses disciples non contemporains (Faydou Aakhirou Zamân). Beaucoup de Cheikh ont au cours de l’histoire revendiqué cette Faydou. Mais il s’est avéré qu’ils ne remplissaient pas tous les critères annoncés. C’est par la suite que Cheikh Abdoulâhi Niass demanda à Allah de faire apparaitre de Sâhiboul Fayda dans sa famille. Cette prière fut exaucée en la personne de son fils Cheikh Ibrahima Niass. Il en divulga le secret à l’âge de 29 ans au mois commémorant la Naissance du Prophète Mouhammad (Saws). C’est par la suite que Baye Niass commença à répandre la Tariqa Tidjanniya à travers l’Afrique dans un premier temps et dans le monde entier, où il a reçu de grandes considérations par les grands érudits du monde islamique. Cette effusion, comme son nom l’indique a continué à grandir. Jusqu’à nos jours on ne compte plus le nombres de musulmans qui accèdent à la connaissance divine grâce à Baye Niass. De même, ils sont innombrables, ceux qui deviennent musulmans grâce à ses missionnaires ou prennent la Tariqa Tidjane. 

Cette Faydou est la continuation de la Tariqa amenée par Cheikh Ahmad Tidjani donnée par son Père Seydounah Mouhammad (Saws), qui explicite le but profond de l’ésotérisme Tidjani qui est la Marifatoul Billâhi (Connaissance d’Allah).

 

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